À Paris il y a de drôles de rues
Il y a la rue Gramme
au 17 vécut Benjamin Peret
l’astre noir du Surréalisme
Il y a la rue de Javel
désinfectant notoire
mais pour Jean Echenoz
une succession de blocs hétéroclites
en matériaux désassortis
sans état d’âme
Il y a la rue Rosa Bonheur
femme peintre aux titres éloquents :
Labourage nivernais
Le marché aux chevaux
La foulaison du blé en Camargue
Il y a la rue Crevaux
où vécut Leblanc Maurice
le créateur d’Arsène Lupin
Guillaume Apollinaire résida rue Gros
en buvant cet alcool
brûlant comme sa vie
Il y a la rue des Arènes
propice aux vues de Michel Leiris
qui fit de la Littérature
un pendant de la tauromachie
Il y a la rue Madame
de l'homme révolté
Il y a la rue Racine
Cioran affirme qu'il y jeta
dans une bouche d'égout
Un de ses tapuscrits
Et la rue Sans Souci
Ou je prose ces vers
Au ralenti
La calade où se niche ma maison porte le nom d’un troubadour À Martigues, il y a la rue des bergeronnettes C’est bien mieux pour les poètes.
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