RÊVES À L’ÆNCRE



	Des rêves de loups et d’ourses
Jaillissent d’un sommeil sourd
Je ne sais de quelles sources
Sur leurs mousses de velours

Des nymphes aussi me poursuivent
Sorties du Sonnet en X 1
D’étranges ardeurs jouissives
Déploient licornes et nixes

-Arrête-là ! Jette l’ancre !
J’entends la voix de l’Ancien
	-	Rêves sont bouteilles à l’encre
Dit le métaphysicien

1 Stéphane Mallarmé


LA NUIT EN MODE HYPNOSE





Laisse pousser les mots la nuit
La source noire qui t’éclaire
La voie lactée la Galaxie
Le grain battu sur la grande aire

Laisse Confusion t’envahir
Le petit blues de l’écriture
La traversée de tes silences
L’absence de littérature

Laisse les rêves t’envahir
Songes et sommes se déploient
Ton corps passant en mode hypnose
Nul commentaire et nulle glose

hypnographies : caractères tracées comme en état d’hypnose

JE FAIS DES LISTES

manuscrit « tel quel »




Je fais des rêves qui me font et me défont

Je fais des fièvres des maux de tête des quintes de toux

Je fais des poèmes des mots de rien de doutes et de secrets

Je fais des prières au Grand Manitou et à la déesse Raison

Je fais des délices à goût de réglisse et de calissons

Je fais des bêtises des blagues et des pastiches

Je fais des vers qui se brisent à l’hémistiche

Je fais des listes répétitives sur mon arc musical

Kits de survie ouvertes à tous les sens 














LES RÊVES ET L’ÉTERNITÉ





Les rêves mesurent mon éternité
Toujours sur le départ

Rêves sueños dreams
Révolutions logiques

Les rêves lèvres des rêveries
Sur des livres exhibant
Des portraits de Nadar

Les rêves usés de l'analyste
Et des porteurs de valises

Les rêves de pavanes
pour l'infante défunte

Les rêves de Peau d'Âne
Du conte à la magie du ciné

Les rêves en filigrane
Sur le grain du papier

Les rêves pour conclure
Ce pacte avec l'éternité


BRINS DE RÊVES BRINS DE TEXTES BRINS D’OSIER

hypnographie 1/8




JE VOUS DONNE DES BRINS

Brins de rêve brins de textes brins d’osier.

Rêve de la gargouille qui voulait se faire aussi grosse

 que le bossu de Notre Dame.

Texte du gargouilleur

à la peau d’églantine et au tissu d’agave.

Osier teint au curare pour soutenir la braise

et les escarbilles du mythe de l’éternel retour :

Je l’entendis chanter jadis sur les rives

 du fleuve descendant du Paradis.*

Je vous donne des brins d’une vie singulière

Avant qu’ils ne soient cendres

Faites en votre miel.





*l’Orénoque…crut Colomb quand il le découvrit