RÊVES À BORD : VIGIE VIRGILE CENT ANS DE SOLITUDE

RÊVES À BORD

Rêves à bord se dit le rêveur vigilant Rêves de vigie sur des vers de Virgile alias Publius Maro prononcé comme notre bon Marot (je mavance un peu car latin décole ne fit) Rêve des vents dautan venus de la Montagne Noire Rêve dAuréliano Buendia face au peloton dexécution qui ouvre le récit du réalisme magique de Cien años de soledad  Rêves des pèlerins perplexes devant le Christ Sémaphorique du tympan de Conques Rêves où le rêveur vigilant laisse à ses lecteurs bienveillants le soin de démêler fantasmagories et réminiscences Rêves des coqs à lâne et des poules du couvent qui couvent leurs œufs homographes Rêves qui nont pas de noms et que lon pousse sur le papier comme simple rêverie sans la surcharge daucun savoir 2 Rêves puisés dans les textes de Michel Butor (Matières de Rêves) ou de Philippe Jaccottet (Les Semaisons) Rêves faits maison parmi les près de Naouzos où je gardais enfant les vaches faisant leurs bouses à côté des « tuttes » de grillons Rêves dOrion et du père Dorio qui appela Sirius son chien de chasse à la bécasse Rêves de jubilation issus de mai 68 faits dans une soupente où mhébergeait une actrice de tragédies Rêves damours délices et orgues Rêves polysémiques de Sapientia : nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible 3 Rêves de fin de partie où lon sabandonne à lénergie du vide sans penser ni redouter la venue du Grand Couac

1 Cent ans de solitude Gabriel García Márquez 2 Gaston Bachelard 3 Roland Barthes (derniers mots de sa Leçon au Collège de France)

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

RÊVES À L’ÆNCRE



	Des rêves de loups et d’ourses
Jaillissent d’un sommeil sourd
Je ne sais de quelles sources
Sur leurs mousses de velours

Des nymphes aussi me poursuivent
Sorties du Sonnet en X 1
D’étranges ardeurs jouissives
Déploient licornes et nixes

-Arrête-là ! Jette l’ancre !
J’entends la voix de l’Ancien
	-	Rêves sont bouteilles à l’encre
Dit le métaphysicien

1 Stéphane Mallarmé


LA NUIT EN MODE HYPNOSE





Laisse pousser les mots la nuit
La source noire qui t’éclaire
La voie lactée la Galaxie
Le grain battu sur la grande aire

Laisse Confusion t’envahir
Le petit blues de l’écriture
La traversée de tes silences
L’absence de littérature

Laisse les rêves t’envahir
Songes et sommes se déploient
Ton corps passant en mode hypnose
Nul commentaire et nulle glose

hypnographies : caractères tracées comme en état d’hypnose

JE FAIS DES LISTES

manuscrit « tel quel »




Je fais des rêves qui me font et me défont

Je fais des fièvres des maux de tête des quintes de toux

Je fais des poèmes des mots de rien de doutes et de secrets

Je fais des prières au Grand Manitou et à la déesse Raison

Je fais des délices à goût de réglisse et de calissons

Je fais des bêtises des blagues et des pastiches

Je fais des vers qui se brisent à l’hémistiche

Je fais des listes répétitives sur mon arc musical

Kits de survie ouvertes à tous les sens 














LES RÊVES ET L’ÉTERNITÉ





Les rêves mesurent mon éternité
Toujours sur le départ

Rêves sueños dreams
Révolutions logiques

Les rêves lèvres des rêveries
Sur des livres exhibant
Des portraits de Nadar

Les rêves usés de l'analyste
Et des porteurs de valises

Les rêves de pavanes
pour l'infante défunte

Les rêves de Peau d'Âne
Du conte à la magie du ciné

Les rêves en filigrane
Sur le grain du papier

Les rêves pour conclure
Ce pacte avec l'éternité