DITES-MOI OÙ N’EN QUEL PAYS









Dites-moi où n’en quel pays

chantait Gastibelza

l’homme à la carabine

Léandre le Sot,

Pierrot,

ou la nonne 

doña Padilla del Flor





Dites-moi si vous connaissez

Berthe au grand pied,

Biétris, Allys,

La vieille maugrabine d’Antequerra

et la frêle enfant,

méchante





Dites-moi si mon chant vous remémore

les neiges d’antan

Danser chanter dans la Tour Magne

Prendre le voile à Tolède

Franchir avec Cassandre le buisson

D’un saut de puce





Dites-moi pourquoi ces poésies et ballades

de Villon, Verlaine, Hugo,

chantées par l’illustre Brassens

me rendent fou, fou, fou.

J’ÉCRIS opus 7





J’écris léger très léger encore plus léger
et sans la moindre hégémonie

J’écris en lisant ici et là 
(cette nuit Lamartine reprenant le terme de gémonies)

J’écris az-zhar’ (le coup de dés) et nécessité :
nécessité de ne pas étaler sur ma page
le big bazar de l’écriture

J’écris nu évitant de poser
J’écris retenu 
mais pas trop tout de même
et pas toujours

J’écris amusé de partir (partager)
les vrilles et les sucettes,
la biberine et les cacahuètes

J’écris à la margelle d’un puits
où l’on s’assied pour dire adieu
comme l’on dit bon jour 
dans mon village d’Occitanie
au premier vivant qui passe

J’écris comme Butor (Michel)
malgré les bombes
et malgré ceux qui font la bombe
dans un monde à bout de souffle,
et de ressources climatiques, biologiques,
démocratiques…

J’écris Voici des fruits, des fleurs,
des feuilles et des branches


J’écris Green de Paul Verlaine


Voici la poésie
Qu’on assassine



VERLAINADES





Après la tempête le calme

les sanglots longs

de l’âme de Verlaine





Vers plus que lents,

Une valse mélancolique écrite

pour lâcher prise

laisser aller selon

le chant de la bonne aventure





Après la tempête

Deçà delà

Je me souviens

De la musique avant toute chose

Celle qui nous faisait planer

en regardant « le violoniste bleu »

de Marc Chagall





C’était à Nice

Où tu aimais aussi

Manger des chichis





Et puis nous avons vécu la fin de la bonne tempête

La mort quand elle vient ne fait pas de chichis

Ma belle musicienne s’est changée en statue





Il pleure dans mon cœur

L’inflexion des voix chères qui se sont tues





Italiques Paul Verlaine

UN PETIT RAPPEL





Un petit rappel comme disent les alpinistes

assurant leurs doigts sur un petit bec de pierre





Un rappel qui n’en finit pas

après le concert

exécuté de main de maître

par tel ou telle virtuose du piano

ou de la viole de gambe





Rappels et variations

Répétions et citations

Présentes sur les partitions des musiciens

les improvisations ou les vers des poètes d’antan





De la musique avant toute chose

Et pour cela préfère l’impair





Un rappel des mémoires résistantes

Des poètes assassinés

Et des fusillés de l’an 44





Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas





Italiques Verlaine, Aragon.

C’EST L’PRINTEMPS

AGENDA du 15 au 21 mars 2021
Lundi 15/03/2021


0h53   Et c’était déjà notre destinée Qui nous regardait sous votre voilette. Je connais par cœur ce poème de Verlaine évoquant la petite épouse et la fille aimée. Mais c’est la première fois, Covid oblige, que je l’assimile aux personnes masquées que je croise au marché, sur la plage et dans les premiers romans faisant état des moitiés de face et des corps en retrait. Sylvie Germain Brèves de solitude   1h05

Mardi 16/03/2021

3h00    La plume m’a donné plusieurs propositions pour laisser trace de ce jour, mais je n’en ai retenues aucune.   3h15

Mercredi 17/03/2021

3h10   Après plusieurs essais ratés, la mise en forme d’un court texte (fragment, esquisse, poème) nous apaise. Et nous met en présence d’un des secrets fragiles des vies de ceux et celles qui ont besoin de (se) raconter. La vida no es la que uno vivió, sino la que uno recuerda y cómo la recuerda para contarla. Gabriel García Marquez Vivir para contarla « La vie n’est pas ce qu’une personne a vécu, mais ce dont elle se souvient et de quelle manière elle s’en souvient pour la raconter. » Vivre pour la raconter.  3h13 + le temps de la citation et ma traduction.


Jeudi 18/03/2021

1h40   Sotz folha d’albespi. « Sous le feuillage de l’aubépine » Quel plaisir de retrouver ce fragment occitan d’un troubadour dans la langue de ma lignée…valets de ferme, fermiers puis paysans enfin libérés du poids des maîtres.    1h42

Vendredi 19/03/2021

Original en ses deux sens : premier et singulier.

J’ai été le premier de la famille à “faire des études” après “l’école primaire” j'ai fait comme il se doit, "le cours complémentaire" (avant que le nom disparaisse changé en “collège”), puis le lycée que j'ai quitté au bout d'un an pour l’École Normale d’Instituteurs (le graal pour une famille issue des valets de ferme puis de petits paysans), et un peu d'Université. Le premier, côté homme, à ne pas faire son “service militaire” mais la “coopération culturelle” donnant des cours joyeux  de langue française sous les tropiques caraquègnes.

Singulier? Sous l’angle du langage le souci constant de se soustraire à la servitude volontaire de la culture de masse par des lectures incessantes dans tous les domaines, les alertes et les impasses, le temps long laissé à l’incompréhension, la confusion, à condition que Conatus nous maintienne. Persévérer, échanger, susciter, ondoyer, avec et pour autrui, poésie de la pensée, pensée de la poésie. Et puis à la fin de l’histoire, avec sa petite hache, la disparition Qui au sortir d’un Corpus compilant nous conduira tout droit au zoo.

italiques : Étienne de la La Boétie, Baruch Spinoza, George Steiner. Georges Perec

Texte initié à 5h50 puis repris pour un dictionnaire à part moi. (texte au long cours, en cours)


Samedi 20/03/2021

2h55           Grâce à « la conversion numérique » je viens de « poster » sur mon blog poésie mode d’emploi un poème en 3 dimensions : « la pièce écrite la main », sa modification en la recopiant sur le clavier avec son traitement de texte et ma voix qui dit le texte final, en essayant d’être le plus naturel possible.     2h57

Dimanche 21/03/2021


4h27  C’est l’printemps. Depuis 68, allez savoir pourquoi, pas une année où je n’ai écouté (plutôt deux fois qu’une), le premier jour de la saison susdite, cette chanson enjouée de Ferré. Y a la pluie qu’y est passée chez Dior Pour s’faire l’modèle Soleil d’Or.   4h30