ET MAINTENANT CHERCHE TA V(O)IE

MAÎTRE & MAÎTRESSE Il n’y a pas de meilleure manière d’arriver à prendre conscience de ce qu’on sent soi-même que d’essayer de recréer en soi ce qu’a senti un maître John Ruskin (1819-1900) traduit par Marcel Proust (1871-1922) Je n’ai pas eu la chance d’avoir un maître en chair et en os (carne y hueso) qui m’aurait formé, donné une colonne vertébrale Je n’ai pas eu la chance d’avoir été initié par cet homme qui aurait pu être cette femme que par admiration j’aurais imité avant de voler de mes propres ailes selon l’expression consacrée Je n’ai pas eu la chance d’avoir rencontré le divin alchimiste qui à la fin de sa Leçon inaugurale m’aurait amené devant l’entrée du labyrinthe et m’aurait dit : Et maintenant cherche ta v(o)ie !

dans le labyrinthe : maître/maîtresse/anamorphoses/etc

AMOUR AMOR

Je ne sais pas ce que tu sais
Tu sais je n’ai pas oublié
Les mots doux que tu me disais
La mort n’est rien la vie est tout

Tu ne sais plus ce que je sais
Cinq ans déjà que se sont éteintes
Les lumières de tes pensées
Les saveurs d’exister

La joie de nous entendre
Chanter cette rengaine
Sur le sable et la mer
Toujours recommencée

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

Je poste mon poème du jour à 3h35. Il s’intitule Amor. C’est une entrée de mon livre qui vient de paraître « un dictionnaire à part moi « . A 3h36, la fenêtre de mon blog m’informe de mon premier lecteur : il vit au Cameroun !

À LIRE SANS RIRE (de manière distanciée)

Nuestras vidas son los ríos
Que van a dar en la mar
Que es el morir

Jorge Manrique

Assis au bord du fleuve de ta vie
à soixante-dix-sept berges
Tu cherches toujours
La distance la bonne distance

Entre deux poèmes
Deux essais de puiser un seau d’eau
Devant cette fontaine
Où poètes de toutes les époques
Meurent de soif

Entre deux pages
En vis-à-vis
Qui s’interpénètrent ou s’antagonisent

Entre l’œil et la voix
De mots qui crient
Ou murmurent dans la bouche d’ombre

La distance la bonne distance
Le fleuve la fontaine les pages tournées
Et qui retournent
(bon gré mal gré)
Vers la mer où tout s’abolit

CIEL BLEU CIEL NOIR

Gracias a la vida
Que me ha dado tanto
Me ha dado la risa
Y me ha dado el llanto

Violeta Parra

Merci la Vie
Qui tant me donna
Me donna Fou Rire
Et me donna Pleurs Amers

ma traduction



Le ciel est d’un bleu qui jubile
écrivit en dix-neuf cent vingt
Madame Anna de Noailles

C’était après quatre ans de guerre
Affreuse, atroce, infâme, terrible.
Un temps où par milliers
Les morts ont tué les vivants

Ce vers de la très chère amie de Marcel Proust
Que j’interprète ici
à l’inverse de la formule optimiste
comme
La mort est plus forte que l’amour

C’est ce que démontrent hélas
tous les tyrans rouges ou blancs
les autocrates les dictateurs
Et aujourd’hui l’horrible Poutine
le sacrificateur
qui tel cet obscur général franquiste
crie dans un stade rempli de figurants
Vive la mort !

Le ciel est d’un noir indélébile