UNE CHANSON RONDEL RONDEAU





Une chanson rondel rondeau
Amours perdues en fariboles
Rires et pleurs des barcarolles
Une chanson faisant ronds d’eau

Elle remue elle boulègue
Le bout de ma plume qui vole
De barcarolles en fariboles
Et de vives en mortes aygues

Tu la vois changeant de rythme et de voix
Perdant la voie ou retrouvant le souffle
Cherchant en des vers de vauriens, maroufles,
Ce commencement qui n’en finit pas




une chanson à voix nue

une chanson avec un chant improvisé dorio 05/12/2021

J’ÉCRIS opus 13





J’écris de bric et de troc
de titres de romans édités par Balland
le Seuil Albin Michel
Minuit et Calmann-Lévy

J’écris pour calmer l’ardeur à rechercher
L’homme à tête d’oiseaux, 
La femme Schibboletch,
L’enfant des grandes lessives

J’écris sans réveil, montre,
monstres marquant le temps des horloges
et qui font sommeiller la raison

J’écris d’un seul coup d’un seul
ou par à coups :
arrêts plus ou moins longs,
points morts et reprises

J’écris depuis peu aussi sur l’application Samsung Notes de mon smartphone,
premier texte devant l’exposition Zao Wou-Ki, à l’hôtel Caumont d’Aix en Provence :

l’animal l’animot le torrent de coulures les pattes de la lune la tête de Michaux […] bateau ivre à la Sainte Victoire le pin palpite sur la montagne de Cézanne saisie par un calligraphe octogénaire qui livre sans le savoir son dernier combat […]

J’écris conscient que moi aussi un jour ou plutôt une nuit je perdrais définitivement la voie

J’écris avec mon stylo fétiche V5 hi-tecpoint réfractaire à l’invention du baron Bic

J’écris ornithorynque pour voir ce que ça va donner sur le papier
(les internautes recherchent aussi échidnés, monotrème, wombat, castor, koala…)

J’écris « bec de canard cousu sur la fourrure d’un animal », comme l’écrivirent les scientifiques anglais découvrant le dessin du premier ornithorynque rencontré en Tasmanie, croyant qu’il s’agissait d’un canular

J’écris sans prétention aucune : orgueil, vanité, amour-propre, suffisance (je recopie lintern@ute)

J’écris pourtant comme s’il s’agissait de petits secrets échangés à la récré avec les élèves Perec, Montaigne, Mallarmé

J’écris imaginant les lettres échangées entre eux

J’écris à Jean Jacques Dorio comme si je m’appelais Marot

J’écris de haut en bas et quand j’ai atteint le bas, je referme les yeux et rêve de Rio de Janeiro































 




JE DIRAI QUE JE N’AI RIEN DIT





Je dirai que je suis tombé

Je dirai que j’ai perdu le nord

Je dirai que chercher d’autres excuses

serait à la longue fastidieux





Je dirai si ça vous intéresse (et à l’inverse)

que je me suis relevé

Je dirai que j’ai retrouvé la voie





Je dirai que la nuit la lampe est mon soleil

Je dirai Terre en vue

Je dirai l’esprit des bêtes et des arbres

Je dirai le corps qui dicte à l’esprit

Je dirai le vide qui broie les mots inadéquats





Je dirai merci à celles qui m’ont écrit

Que ce que j’écrivais leur parlait

Je dirai quand je mourrai

Ma gratitude aux poètes qui m’ont accompagné





Je dirai que je n’ai rien dit

SANS REPENTIRS NI RATURES









Emploi du temps des nuits où nous veillons solitaires

Chacun et chacune ruminant devant les nouvelles du monde

Les collectes de phrases

Les phares noirs des calligraphes

Les encres et les couleurs sur toile

Les musiques et leurs partitions alimentant la matière de nos rêves





Emploi du temps à travers ce temps présent

Où le public culturel (dont on nous bassine les oreilles)

Est coupé de la voie des poètes

Ces « inconnus célèbres »qui vont et viennent

Essayant de déchiffrer les plaintes et les joies

Des voix des médias et des rues

Et qui n’oublient l’inflexion des voix qui se sont tues





Cherchant inlassablement dans le plus grand silence

Ce qui, impossible de dire en paroles,

Doit passer par l’écrit





Emploi du temps en attente

À l’écoute à l’écart

Où nous puisons notre énergie

Dans ce cocon de mots

Qui font nos manuscrits

Toujours inachevés





Ondulations arborescences

Brouillons épars

Sans repentirs ni ratures

Et tout le reste est littérature