BRIN DE PAILLE JE TRAVAILLE

L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable
Paul Verlaine

Brin de paille
Je travaille
Cherchant la voie
Je la vois
Et parfois
Je la perds

Brin de paille
Je travaille
Dans la nuit
Qui me fuit
Dans le temps
Plus mouvant
Que le vent
De la mer

De ma mère
Est sorti
L’innocent
Que voici
Le roseau pensant
La voix qui dit non
À la voix qui dit oui
Le chant mystérieux des choses

Brin de paille
Je travaille
Disparaît 
Dans le zéphyre
D’une histoire
Que mes années
Firent
Tantôt blanche
Tantôt noire
Tantôt rouge 
Tantôt d’or


DORIO 07/01/2022

UNE CHANSON RONDEL RONDEAU





Une chanson rondel rondeau
Amours perdues en fariboles
Rires et pleurs des barcarolles
Une chanson faisant ronds d’eau

Elle remue elle boulègue
Le bout de ma plume qui vole
De barcarolles en fariboles
Et de vives en mortes aygues

Tu la vois changeant de rythme et de voix
Perdant la voie ou retrouvant le souffle
Cherchant en des vers de vauriens, maroufles,
Ce commencement qui n’en finit pas




une chanson à voix nue

une chanson avec un chant improvisé dorio 05/12/2021

J’ÉCRIS opus 13





J’écris de bric et de troc
de titres de romans édités par Balland
le Seuil Albin Michel
Minuit et Calmann-Lévy

J’écris pour calmer l’ardeur à rechercher
L’homme à tête d’oiseaux, 
La femme Schibboletch,
L’enfant des grandes lessives

J’écris sans réveil, montre,
monstres marquant le temps des horloges
et qui font sommeiller la raison

J’écris d’un seul coup d’un seul
ou par à coups :
arrêts plus ou moins longs,
points morts et reprises

J’écris depuis peu aussi sur l’application Samsung Notes de mon smartphone,
premier texte devant l’exposition Zao Wou-Ki, à l’hôtel Caumont d’Aix en Provence :

l’animal l’animot le torrent de coulures les pattes de la lune la tête de Michaux […] bateau ivre à la Sainte Victoire le pin palpite sur la montagne de Cézanne saisie par un calligraphe octogénaire qui livre sans le savoir son dernier combat […]

J’écris conscient que moi aussi un jour ou plutôt une nuit je perdrais définitivement la voie

J’écris avec mon stylo fétiche V5 hi-tecpoint réfractaire à l’invention du baron Bic

J’écris ornithorynque pour voir ce que ça va donner sur le papier
(les internautes recherchent aussi échidnés, monotrème, wombat, castor, koala…)

J’écris « bec de canard cousu sur la fourrure d’un animal », comme l’écrivirent les scientifiques anglais découvrant le dessin du premier ornithorynque rencontré en Tasmanie, croyant qu’il s’agissait d’un canular

J’écris sans prétention aucune : orgueil, vanité, amour-propre, suffisance (je recopie lintern@ute)

J’écris pourtant comme s’il s’agissait de petits secrets échangés à la récré avec les élèves Perec, Montaigne, Mallarmé

J’écris imaginant les lettres échangées entre eux

J’écris à Jean Jacques Dorio comme si je m’appelais Marot

J’écris de haut en bas et quand j’ai atteint le bas, je referme les yeux et rêve de Rio de Janeiro































 




JE DIRAI QUE JE N’AI RIEN DIT





Je dirai que je suis tombé

Je dirai que j’ai perdu le nord

Je dirai que chercher d’autres excuses

serait à la longue fastidieux





Je dirai si ça vous intéresse (et à l’inverse)

que je me suis relevé

Je dirai que j’ai retrouvé la voie





Je dirai que la nuit la lampe est mon soleil

Je dirai Terre en vue

Je dirai l’esprit des bêtes et des arbres

Je dirai le corps qui dicte à l’esprit

Je dirai le vide qui broie les mots inadéquats





Je dirai merci à celles qui m’ont écrit

Que ce que j’écrivais leur parlait

Je dirai quand je mourrai

Ma gratitude aux poètes qui m’ont accompagné





Je dirai que je n’ai rien dit