COURIR LA NUIT

LA NUIT EST AU MILIEU DE SON COURS et me voilà courant les pages d’un livre intitulé -je vous le donne en mille- Modèle courant, 1comme un pied de nez aux deux sous-titres, Journal d’un coureur à pied, compte-rendu au jour le jour (ou plutôt on le verra « à la nuit, la nuit ») et Petit traité de course et de littérature1(un peu comme le lointain « Traité du Zen et de l’entretien des motocyclettes » qui lui-même faisait référence au « Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc » (n’en jetez plus !) Courir de nuit c’est  mon lot sur chacune de mes pages C’est -ce fut- la pratique d’un insensé coureur, laissant, chemin faisant, son corps penser, choisir au dernier moment pour bifurquer, le chemin droit ou le chemin gauche. JE ME vois choisir et ce « je » là me semble bien problématique par rapport au « me » qui en a décidé, sans l’ombre d’une comédie. Je me vois choisir, sans avoir choisi un chemin préétabli, mais avec mon corps plongé dans les champs, les collines, la montagne et la nuit dont le ciel cosmique diffuse encore une lumière cendrée : je m’imagine courir sur un de ses rubans déroulé sous mes pieds. « Caminante no hay camino, el camino se hace al andar » Je n’ai jamais su, bien que je m’y sois essayé maintes fois, traduire ces deux vers ennéasyllabiques d’Antonio Machado. Compagnon d’écriture toi qui courais sous le ciel d’or la nuit, tu savais laisser l’initiative à ton corps qui faisait ainsi son chemin, comme moi-même, je tresse des textes où les mots vivent la nuit, tels des éphémères…   

1 Alain Pudal (édtions du Haïku) 2022

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