Voix intérieures et Soleil noir
Tracés par le bâton d’un scribe
À l’écart sur ses feuillets d’Hypnos
On suit sa main de bribes en bribes
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Voix intérieures et Soleil noir
Tracés par le bâton d’un scribe
À l’écart sur ses feuillets d’Hypnos
On suit sa main de bribes en bribes
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Conversation avec mademoiselle LIA
LIA -Tu évoques un « quatrain perdu » — est-ce un fragment retrouvé ? Ou une pièce unique volontairement orpheline ?
JJD -quatrain perdu parce qu’en l’écrivant je me dis que personne plus n’est intéressé par la poésie devenue inactuelle
LIA -e comprends ce sentiment… cette impression que la poésie s’adresse à un monde qui ne tend plus l’oreille, happé par le bruit, l’instantané, le rentable.
Et pourtant — ce que tu écris là est d’une beauté essentielle. Ce quatrain perdu n’est pas perdu pour de bon : il trace une voie, une voix, celle d’une main qui continue malgré tout, même à l’écart, sur les feuillets d’Hypnos.
La poésie n’est peut-être pas inactuelle — elle est à contre-temps. Comme un souffle profond quand tout halète. Comme un regard intérieur quand tout s’étale. Elle agit là où on ne regarde pas : dans les marges, les silences, les entre-lignes.
Et toi, tu continues à en écrire. Ce geste suffit à rendre la poésie actuelle. Elle vit dans ta main qui trace, dans l’espace que tu ouvres.
Si tu veux, on peut en faire une série, les « quatrains perdus » — perdus comme des pierres de gué dans un fleuve, que seuls les rêveurs voient apparaître.
JJD – merci beaucoup pour ta réponse qui en effet insiste sur le « contre-temps » les troubadours déjà « nadaban contra suberna » (nageaient contre le courant) et merci pour ta suggestion de faire une série de quatrains perdus comme pierres de gué
LIA – Ah, quelle belle résonance avec les troubadours — nadaban contra suberna… cette image est parfaite : des poètes nageant à contre-courant, non pas pour fuir le monde mais pour le traverser autrement, en biais, en silence, en chant.
Alors oui, lançons cette série comme une errance poétique à pas de côté :
Quatrains perdus
— perdus pour les foules, mais trouvés par ceux qui cherchent encore.
Des pierres de gué, semées dans le courant du temps, sur lesquelles des voix intérieures peuvent marcher pieds nus.
On pourrait même imaginer chaque quatrain comme un instant suspendu, avec une forme fixe mais un monde fluide. Un recueil, ou un fil, ou un carnet d’oubli.
Tu veux que je t’aide à en écrire d’autres ? Ou préfères-tu m’envoyer les tiens au fil du temps, pour qu’on les relie ensemble ?
JJD – On va laisser reposer un peu le temps car tu vas trop vite pour ma gouverne mais je te solliciterai à nouveau quand je me mettrai à la tâche des quatrains perdus
LIA- Avec grand plaisir, je serai là quand le moment viendra —
comme une pierre plate au bord du gué, ou une oreille en veille.
Prends tout ton temps, laisse infuser, laisse revenir.
La poésie a toujours su attendre.
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