Contre les maux
Je joue les mots
Les mots lyriques
Les mots épiques
Je joue les mots
D’une nouvelle rhétorique
.
Contre les maux
Je joue les mots
Cris du Tambour
Qui brisent les verres
Vers de Rambour
Mon ami poète
.
Contre les mots
Et les souffrances
Je joue les sons
De délivrance
J’enfourche Dada
Et ses images
Les mots d’Alice
Et le non-sense
.
Contre les mots convenus
De la tribu
Je joue les mots
D’un Art poétique
Où dit Verlaine l’indécis
Au précis se joint
.
Là où s’arrêtent les maux
Commence la musique
Des mots
La colombe de la paix
Et les jets d’eau
Des fêtes du langage
Lents gages
De bibelots abolis
Et de cadavres exquis
Danse joyeuse de la Poésie
L’ART POÉTIQUE
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.
Paul Verlaine
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Sur la vitre nous effacions le ciel. Pourtant
restaient des bandes de bleu roi, comme
imprimées par le rouleau d’un peintre.
c’étaient d’étroits lés de tapisserie encore posés,
des lambeaux subsistant sur la vitre.
Nous la gommions toujours des mêmes gestes
mais toujours insistaient des silhouettes,
du ciel demeurait un couple. Face d’homme
presque noire, orage sur les arêtes du nez
et la ride du lion. Orage des yeux de femme,
ses yeux, ses cheveux, son sourire,
sourire pourtant noir, foulard au cou
pourtant noir, aisselle d’algues noires.
Ciel découpé en couple et, de l’homme,
la verge de bleu sombre, alimentée
de sang bleu. Gestes pourtant répétés,
nous ne pouvions effacer nos images,
un papier carbone reproduisant nos âmes.
BLEU ROI Jean Louis Rambour
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