AU RYTHME DU CINÉMA MUET





Rythme poétique et saccadé
(comme au cinéma muet)

Tentative de déchiffrer l’informulé
(selon Charles Baudelaire)

Images fantasques passées comme le couteau
(sans manche auquel il manque la lame) 1
à la meule à eau symbolique

Images forgées par mes chers amis Montaigne et Brassens
Pour essayer d’oublier leurs coliques néphrétiques

(pour Georges soudain la lune écoute aux portes 2
et c’est vivre à propos qui importe à Michel)

Le reste de mon propos manque…
(ou c’est, qu’à la lettre, il s’est volatilisé)

1 Lichtemberg  2  un roman de Brassens autoédité à 50 exemplaires en 1947

UNE CHANSON RONDEL RONDEAU





Une chanson rondel rondeau
Amours perdues en fariboles
Rires et pleurs des barcarolles
Une chanson faisant ronds d’eau

Elle remue elle boulègue
Le bout de ma plume qui vole
De barcarolles en fariboles
Et de vives en mortes aygues

Tu la vois changeant de rythme et de voix
Perdant la voie ou retrouvant le souffle
Cherchant en des vers de vauriens, maroufles,
Ce commencement qui n’en finit pas




une chanson à voix nue

une chanson avec un chant improvisé dorio 05/12/2021

BÛCHER





Faire quelque chose de rien et surtout Tout savoir suprême non-sens.

Paul Valéry


Je bûche des bouquins du temps d’Hugo, de Baudelaire

Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien, avec un petit morceau de tout.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées
Quand…l’Ennui fruit de la morne incuriosité
Prend les proportions de l’Immortalité

J’ai de quoi avec ça m’occuper longtemps
à ricocher
à composer, à mon tour
et depuis ma modeste place,
une petite pièce, bribe, esquisse, 
écrites avec une insatiable curiosité.

La poésie des mots venus de rien,
Qui se languissent sur ma page ;
Des mots qui boitent,
Toc, toc, toc.

(La poésie doit être faite par tous. Non par un.
Pauvre Lautréamont, tic, tic, tic, tic.)

La poésie des cris des martinets,
que mon père appelait les faucilhs.
Tout un poème,
Troué d’un air d’azur
Qui vire au noir
Quand vient la mort.1


1 Noël Dorio (03/12/1912-03/12/199)


Martigues 03/12/2021

DITES-MOI OÙ N’EN QUEL PAYS









Dites-moi où n’en quel pays

chantait Gastibelza

l’homme à la carabine

Léandre le Sot,

Pierrot,

ou la nonne 

doña Padilla del Flor





Dites-moi si vous connaissez

Berthe au grand pied,

Biétris, Allys,

La vieille maugrabine d’Antequerra

et la frêle enfant,

méchante





Dites-moi si mon chant vous remémore

les neiges d’antan

Danser chanter dans la Tour Magne

Prendre le voile à Tolède

Franchir avec Cassandre le buisson

D’un saut de puce





Dites-moi pourquoi ces poésies et ballades

de Villon, Verlaine, Hugo,

chantées par l’illustre Brassens

me rendent fou, fou, fou.

UN CRÉTIN SECTAIRE





Par malheur sur terre 
Les trois quart des tocards
Sont des gens très méchants
Des crétins sectaires
Ils s‘agitent Ils s’existent
Ils s'emploient Ils déploient
Leur zèle à la ronde
Ils emmerdent tout l’monde

Brassens (Chanson posthume)


Il n’est pas difficile dans la connerie ambiante
De couronner ce con de roi
Qui sur les chaînes de télé plastronne

Pétainiste crasseux il se prend pour de Gaulle
Misogyne assumé c’est pour mieux protéger ses maîtresses et ses femmes
Et Croisé moyenâgeux il veut expulser tous les hérétiques
Du Royaume de France

(la liste n’est pas close)


02/12/2021