POURQUOI QUE JE VIS

Pourquoi que je vis

Se demande Boris

Pourquoi que j’écris

Sur l’écume des jours

Et l’arrache-coeur

Pourquoi que je vais

Cracher sur la tombe

Des poutinilâtres

Et de l’autocrate

Qui enterré vivant

Dans son bunker

Du Kremlin

Ordonne la mort

La mort la mort

Toujours programmée

Des civils

Femmes et enfants ukrainiens

Pourquoi que je vis

Pour l’amour de la paix

Pour l’espoir qu’un jour

Qui va bientôt venir

Poutine petit Staline

Aura crevé

OXYMORES

Salutaires

Les vocables

Dont on porte

Le contraire

Oxymores

Odeur du temps

d’Apollinaire

Brin de bruyère

Creusant ce texte

D’un calligramme

De tour Eiffel

Puis les rames

D’une barque

Qui se braque

Sur un papier

De fort grammage

Un chat passe

Sur cette page

Des mille

Et une nuits

Que nul fil

Ne relie

UNE ÉCRITURE

Tu écris, venue des dieux, une première ligne qui déclenche les autres

Tu écris dans le plus grand silence, cette langue abstraite qui caquette et qui bruit

Tu écris traversé d’haikus et d’aphorismes brefs

Tu écris sous les combles, sous un vasistas où la lumière pleut

Tu écris France, le prénom d’une camarade rencontrée en se passant les pavés d’une barricade mystérieuse

Tu écris sur le papier bible de Pléiades tombées dans l’oubli

Tu écris la feuille de papier appuyée sur ton genou comme ce guetteur mélancolique qui observait la nuit du coton dans les oreilles

Tu envoies ta lettre, par on ne sait quelle aberration mentale, aux cénobites tranquilles…