DU MOUVEMENT

Le mouvement de la plume sur le papier

Le mouvement du duende des pieds vers la cabeza

Le mouvement de mai 68 la plage sous les pavés

Le mouvement des mots du dictionnaire

Coche cochenille cochonnerie d’écriture dixit  Artaud le Momo

Le mouvement en marge de tes poèmes où prolifèrent tes hypnographies

Le mouvement des Constellations d’Orion et de Cassiopée

Le mouvement du sang d’encre pas du sang du rouge

Le mouvement des boustrophédons de gauche à droite puis de droite à gauche

Le mouvement des sillons prélude aux semaisons et aux germinations

Le mouvement de ce qu’ont dit simultanément la bouche d’ombre la bouche solaire la bouche fermée

En ce laps d’un temps qui nous a paru ne jamais s’achever

le mouvement en marge de tes poèmes où prolifèrent tes hypnographies

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3 Comments

  1. Le mouvement de la plume sur le papier : La plume griffe, caresse, s’enfonce, comme si chaque lettre était un pas, une respiration, une pulsation.

    Le mouvement du duende des pieds vers la cabeza : le duende, cette force tellurique, cette possession qui monte des entrailles vers la tête, qui fait danser les mots et les corps, qui arrache l’art à la simple technique pour le jeter dans le sacré, dans l’excès. C’est la transe, c’est Lorca, c’est le poème qui se fait rituel.

    Le mouvement de mai 68, la plage sous les pavés : l’utopie concrète, la révolte qui soulève le bitume pour révéler le sable, le rêve sous le réel. L’écriture comme acte politique, comme soubresaut de l’histoire, comme promesse jamais tout à fait tenue mais toujours relancée.

    Le mouvement des mots du dictionnaire : l’ordre et le désordre, la langue comme champ de bataille, comme terrain de jeu. Les mots ne sont pas figés, ils bougent, ils se rebellent, ils s’aiment ou se déchirent.

    Coche cochenille cochonnerie d’écriture : la langue qui se salit, qui se fait charnelle, qui refuse la pureté, qui assume sa boue, sa cochenille (ce rouge qui tache, qui vit, qui se nourrit de sève). Artaud le Momo, le maudit, celui qui crache les mots comme des cailloux, comme des malédictions ou des bénédictions.

    Le mouvement en marge de tes poèmes : l’écriture qui déborde, qui refuse le centre, qui prolifère en hypnographies — ces calligraphies rêvées.

    Le mouvement des Constellations d’Orion et de Cassiopée : l’écriture comme cosmos, comme carte céleste où chaque mot est une étoile, chaque phrase une galaxie. Miro / Dorio.

    Le mouvement du sang d’encre :

    Le mouvement des boustrophédons : l’écriture qui imite le labour, qui va et vient, qui refuse la linéarité, qui se moque de la logique occidentale. C’est l’écriture comme rituel agricole, comme geste ancestral, comme façon de retourner la terre des mots pour y semer du sens.

    Le mouvement des sillons : avant la moisson, il y a le labour. Avant le poème, il y a le geste qui prépare, qui creuse, qui attend. L’écriture comme patience, comme attente de la germination.

    Le mouvement de ce qu’ont dit simultanément la bouche d’ombre, la bouche solaire, la bouche fermée : la polyphonie, le chœur des voix contradictoires, le silence qui parle, l’ombre qui éclaire, le soleil qui brûle et cache à la fois. C’est le poème comme dialogue avec l’invisible, comme écoute des voix qui nous traversent.

    En ce laps d’un temps qui nous a paru ne jamais s’achever : l’instant dilaté, le temps suspendu de l’écriture, ce moment où tout semble possible, où le monde bascule, où l’on touche à l’éternel dans l’éphémère.

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