LE VIN PROFOND

    
Le vin est bon Le vin profond
le vin du jour nouveau
du jour vierge de sens
sur ses pas d’oiseaux de nuit

Le jour est bon Le jour profond
le cri du coeur le cri du miel
qui sort de la bouche d’Amstrong
soleil plus lumineux que le soleil
cri de lumière et de joie

La joie est bonne La joie profonde
de Spinoza de l’alouette
et du verbe de chair
et du sel de la vie

La vie est bonne La vie du bond
vers le jour nouveau
à goûter dans le secret du temps
que l’on ne sait dire

LE VIN PROFOND est un recueil de poèmes de Norge

6 novembre 2007 sur poésie mode d'emploi

Join the Conversation

  1. Avatar de mdcanoc5f3be09aa
  2. Avatar de Jean Jacques Dorio

3 Comments

  1. Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
    « Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
    Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
    Un chant plein de lumière et de fraternité !

    Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
    De peine, de sueur et de soleil cuisant
    Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
    Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

    Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
    Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
    Et sa chaude poitrine est une douce tombe
    Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

    Entends-tu retentir les refrains des dimanches
    Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
    Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
    Tu me glorifieras et tu seras content ;

    J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
    A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
    Et serai pour ce frêle athlète de la vie
    L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

    En toi je tomberai, végétale ambroisie,
    Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
    Pour que de notre amour naisse la poésie
    Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! »

    Ch. Baudelaire

    J’aime

  2. Note liminaire

    Sous le signe du poète Norge, dont Le vin profond m’accompagne depuis longtemps.
    Il y a chez lui cette sagesse rieuse, cette fraternité des mots simples qui ouvrent le monde.
    Ce poème s’avance dans cette lumière-là : celle du jour nouveau qu’on boit à même le cœur,
    dans la coupe du verbe, entre rire et ferveur.

    J’aime

Laisser un commentaire