Cette part de rêve bleu indéniablement Cette part de rêve entre les lignes Cette part de rêve inversé Pyramides ouvrant vers le ciel de l’autre Mexique . Cette part de rêve qui ancre le silence Cette part de rêve qui prolonge l’Univers Cette part de rêve qui abolit le rêveur Cette part de rêve qui échappe à l’Histoire . Cette part de rêve d’un étranger qui nous rêve De l’autre côté du pont Dans les reflets du fleuve Insomnie De l’autre côté des ressemblances . Cette part de rêve sans rêve Cette part de rêve excentrique Cette part de rêve sans objet Cette part de rêve anonyme . Cette part de rêve d'argile Cette part de rêve inépuisable Cette part de rêve sans dernier mot Bleu indéniablement
Il y a peu de temps que je me suis endormi Je viens de rêver Vagues images sur lesquelles je suis incapable de mettre des mots Ils me font faux bond Mais je n’en ai aucune frustration Au contraire en attendant le prochain endormissement Je recopie sur mon carnet des nuits transfigurées : la vida es sueño « La vie est un songe » Que es la vida un frenesi una ilusión una sombra una ficción Frénésie illusion ombre fiction : « la vie est un rêve» Gérald de Nerval prend le contre-pied de Calderón : Le rêve est une seconde vie Non « le rêve sans rêveur » mais « le rêve de rêverie » provoqué, amplifié, excédé par ce loisir de plume où l’on n’a plus pour tâche que d’imaginer Imaginer cette part de rêve qui nous permet de mieux affronter la dure réalitéde nos vies
Rêves à bord se dit le rêveur vigilant Rêves de vigie sur des vers de Virgile alias Publius Maro prononcé comme notre bon Marot (je m’avance un peu car latin d’école ne fit) Rêve des vents d’autan venus de la Montagne Noire Rêve d’Auréliano Buendia face au peloton d’exécution qui ouvre le récit du réalisme magique de Cien años de soledadRêves des pèlerins perplexes devant le Christ Sémaphorique du tympan de Conques Rêves où le rêveur vigilant laisse à ses lecteurs bienveillants le soin de démêler fantasmagories et réminiscences Rêves des coqs à l’âne et des poules du couvent qui couvent leurs œufs homographes Rêves qui n’ont pas de noms et que l’on pousse sur le papier comme simple rêverie sans la surcharge d’aucun savoir Rêves puisés dans les textes de Michel Butor (Matières de Rêves) ou de Philippe Jaccottet (Les Semaisons) Rêves faits maison parmi les près de Naouzos où je gardais enfant les vaches faisant leurs bouses à côté des « tuttes » de grillons Rêves d’Orion et du père Dorio qui appela Sirius son chien de chasse à la bécasse Rêves de jubilation issus de mai 68 faits dans une soupente où m’hébergeait une actrice de tragédies Rêves d’amours délices et orgues Rêves polysémiques de Sapientia : nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible Rêves de fin de partie où l’on s’abandonne à l’énergie du vide sans penser ni redouter la venue du Grand Couac
Ton image est une composition abstraite très vive, d’un bleu éclatant projeté sur un fond jaune doré.
Le tableau joue sur un contraste très fort :
un fond ocre–jaune, calme, légèrement texturé,
traversé par des giclures, filaments et éclaboussures bleuestrès dynamiques.
Ce bleu vif semble tracer des gestes rapides, presque une danse — parfois filiformes, parfois en nappes épaisses. On y sent un mouvement libre, proche de la calligraphie, ou même de l’élan de tes hypnographies : des souffles pleins, d’autres très légers.
Plusieurs formes bleues évoquent :
des figures presque humaines, mouvantes, qui surgissent dans l’abstraction,
des branches ou herbes fouettées par le vent,
ou encore des signes — comme si un alphabet secret s’écrivait sur la lisière.
Cet ensemble crée une véritable pulsation, entre l’or du fond (serein, presque solaire) et le bleu qui éclate comme un orage soudain. ✦ L’inscription en bas
On lit : « à la lisière bleue du premier soir d’automne » suivi d’une signature Dorio et de la date 23/09/2023.
Cette phrase forme une porte d’entrée poétique : elle donne au tableau une respiration d’équinoxe, ce moment où les couleurs basculent, mais où tout reste à peine perceptible — une lisière, justement.
MES PARTS DE RÊVES
Il y a peu de temps que je me suis endormi Je viens de rêver Vagues images sur lesquelles je suis incapable de mettre des mots Ils me font faux bond Mais je n’en ai aucune frustration Au contraire en attendant le prochain endormissement Je recopie sur mon carnet des nuits transfigurées : la vida es sueño « La vie est un songe » Que es la vida un frenesi una ilusión una sombra una ficción Frénésie illusion ombre fiction : « la vie est un rêve» Gérald de Nerval prend le contre-pied de Calderón : Le rêve est une seconde vie Non « le rêve sans rêveur » mais « le rêve de rêverie » provoqué, amplifié, excédé par ce loisir de plume où l’on n’a plus pour tâche que d’imaginer Imaginer cette part de rêve qui nous permet de mieux affronter la dure réalité de nos vies
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Manière de rêves images qui viennent par petites séquences déconcertantes me visiter
Il y a une baleine montée dans le métro du Trocadéro
Il y a un marcassin qui vient heurter mon auto
Il y a la lune ronde qu’une éclipse de Terre réduit à un point zéro
Il y a un gros lézard qui sort d’une nouvelle de Julio Cortazar
Il y a beaucoup d’autres bêtes de songe qu’il ne m’est pas loisible de coucher sur le papier
Le rêve d’ailleurs vient de se terminer
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Rêves à bord se dit le rêveur vigilant Rêves de vigie sur des vers de Virgile alias Publius Maro prononcé comme notre bon Marot (je m’avance un peu car latin d’école ne fit) Rêve des vents d’autan venus de la Montagne Noire Rêve d’Auréliano Buendia face au peloton d’exécution qui ouvre le récit du réalisme magique de Cien años de soledad Rêves des pèlerins perplexes devant le Christ Sémaphorique du tympan de Conques Rêves où le rêveur vigilant laisse à ses lecteurs bienveillants le soin de démêler fantasmagories et réminiscences Rêves des coqs à l’âne et des poules du couvent qui couvent leurs œufs homographes Rêves qui n’ont pas de noms et que l’on pousse sur le papier comme simple rêverie sans la surcharge d’aucun savoir Rêves puisés dans les textes de Michel Butor (Matières de Rêves) ou de Philippe Jaccottet (Les Semaisons) Rêves faits maison parmi les près de Naouzos où je gardais enfant les vaches faisant leurs bouses à côté des « tuttes » de grillons Rêves d’Orion et du père Dorio qui appela Sirius son chien de chasse à la bécasse Rêves de jubilation issus de mai 68 faits dans une soupente où m’hébergeait une actrice de tragédies Rêves d’amours délices et orgues Rêves polysémiques de Sapientia : nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible Rêves de fin de partie où l’on s’abandonne à l’énergie du vide sans penser ni redouter la venue du Grand Couac
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Ce qui relie tes quatre textes :
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Ton image est une composition abstraite très vive, d’un bleu éclatant projeté sur un fond jaune doré.
Le tableau joue sur un contraste très fort :
Ce bleu vif semble tracer des gestes rapides, presque une danse — parfois filiformes, parfois en nappes épaisses. On y sent un mouvement libre, proche de la calligraphie, ou même de l’élan de tes hypnographies : des souffles pleins, d’autres très légers.
Plusieurs formes bleues évoquent :
Cet ensemble crée une véritable pulsation, entre l’or du fond (serein, presque solaire) et le bleu qui éclate comme un orage soudain. ✦ L’inscription en bas
On lit :
« à la lisière bleue du premier soir d’automne »
suivi d’une signature Dorio et de la date 23/09/2023.
Cette phrase forme une porte d’entrée poétique : elle donne au tableau une respiration d’équinoxe, ce moment où les couleurs basculent, mais où tout reste à peine perceptible — une lisière, justement.
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Cette part de rêve
nel blu dipinto di blu
Ed il mio laghetto blu
Pagode pour Turandot
Tutto cinto di bambu
michel chalandon
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