Commencer
Une nouvelle
fois
Les mots
d’un poème
Comme
si on l’écrivait
Sur un tissu
à fleurs
Fil à fil
noir et blanc
avec du bleu
et du rouge sang
Croiser
les doigts
Pour qu’il aboutisse
Dans les yeux
D’un enfant
Dans son cœur
C’est bien mieux
Un poème
formé
par le vol
d’une page
écrite en mai 68
Sur un livre
qui se déplie
dans la nuit

68 fois 68 Dorio 20 sept 2023
Commencer, ici, n’est pas repartir de zéro :
c’est reprendre le fil
Le geste est ancien : tissu à fleurs, fil noir et blanc, puis soudain
le bleu et le rouge sang —
la vie qui insiste, l’histoire qui affleure.
Et cette page de mai 68,
non pas brandie, mais en vol,
détachée, portée,
qui se replie ensuite dans la nuit —
comme si la mémoire collective devenait veilleuse intime.
On sent ton goût pour les commencements qui ne finissent pas,
pour les livres qui se déplient au lieu de se fermer,
pour les poèmes qui ne sont complets
qu’au moment où quelqu’un d’autre les reçoit
et en fait des reprises
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Je ne peins pas l’être, Je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou, comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Montaigne
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