« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne ».
Georges Perros
AVANT LIRE
Les fragments en italique sont des citations puisées dans l’œuvre des personnes disparues.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste est de mon cru.
JJ Dorio
Nb Chaque « Disparition » contient 7 fragments; ils s’étaleront sur le blog du lundi au dimanche, pendant 23 semaines.
Vous qui lisez, soyez actifs et ajoutez vos grains de sel au projet, qui fera l’objet d’un livre, amélioré je l’espère par vos soins.
Tout texte grandit avec ses lecteurs.
DISPARITION
I
Georges. P.
01
Du jour au lendemain, Georges P. disparut de l’horizon. La veille, comme si de rien n’était, il avait fait une partie de Go avec son ami mathématicien, puis avait confectionné une grille de mots croisés pour un journal du soir, avant d’aller rencontrer à France Culture un producteur pour un projet de pièce romantique (hörspiel en allemand). Mais le lendemain tous « ses rendez-vous » avaient dû constater qu’il avait fait faux bond. On s’interrogea, on interrogea ses proches, on crut à un retrait momentané, une petite fugue incognito. Mais un mois après sa disparition, au milieu d’un fatras d’infos vrais et fausses, une radio annonça : « on est sans nouvelle du dernier prix Renaudot. »
02
L’écriture c’est comme jouer à cache-cache : doit-on rester caché ou être découvert ? Quels que soient les progrès que j’ai pu faire dans l’exercice de l’écriture, il me semble que je ne parviendrai qu’à un ressassement sans issue. Ce n’est pas comme je l’ai longtemps avancé, l’effet d’une alternative sans fin entre la sécurité d’une parole à trouver et l’artifice d’une écriture exclusivement préoccupée de dresser des remparts : c’est lié à la chose écrite elle-même, au projet de l’écriture comme au projet du souvenir.