Je suis rarement de mon avis
Ce peut être seulement une pirouette verbale
Ce peut être à l’inverse un moyen de recherche
Une manière de remettre un lundi matin
Les compteurs (et le conteur) à zéro
Je suis rarement le fil du courant
Les mots qui me traversent
Les paroles des médias qui me noient
Mon avis ne mord pas la main qui l’écrit
Il passe en un clin d’œil
Sur ma page en noir et blanc
Tel le
Va et vient de la navette
Du métier de vivre
Avec le mourir*
*Jacqueline Saint-Jean
poésie
mode
d'emploi
08/01/2006
9/02/2026
non stop
JJ Dorio
Ce que j’aime tout de suite, c’est ce « rarement » inaugural :
ni posture, ni coquetterie — plutôt une hygiène.
Être rarement de son avis, ici, ce n’est pas douter pour douter,
c’est se donner la possibilité du lundi matin,
ce moment minuscule où l’on remet les compteurs et le conteur à zéro.
Puis il y a ce refus très calme du flux dominant :
Pas de rébellion tapageuse,
juste une non-adhérence.
Les mots passent, les médias noient,
mais le poème se tient
et nous maintient
entre ces dates :
9/02/2016 – 9/02/2026 – non stop
Il continue sa vie de passeur
de poésie ininterrompue
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