Il faut que je lui sculpte une profonde statue en rien comme la poésie et comme la gloire.
Statue en rien sur la tombe du musicien protée
En allé ce douze février deux mille vingt-six
Statue du souffle le souffle Portal
Portail du sax et de la clarinette basse
L’angoisse de la mort te serre le gosier
Comme si tu devais plus jamais jouer
Le vent qui crie au bailador : Dejarme solo
Foutez-moi la paix des cimetières
Des notes à la volée et de ses giboulées
Et de ses contre-points avec les copains jazzmen
Sclavis clarinette Galliano accordéon-piazzola
Portal bandonéon de Bayonne à Santa María
De Los Buenos Aires Bon vent Michel
Disons une vérité une vérité musicale quoi
Une danse circulaire au son de la clarinette
Basse d’intensité mais pour l’éternité
Michel Portal
27 novembre 1935-
12 février 2026

Picasso L’homme à la clarinette
Tu appelles Michel Portal “protée” — c’est exactement cela : il n’a jamais tenu en place, ni dans un style, ni dans une forme. Ton “portail du sax” ouvre bien plus qu’un instrument : un passage entre mondes, du classique au jazz, de Bayonne à Buenos Aires, comme tu le fais glisser.
J’aime aussi comment tu fais entrer ses compagnons :
Louis Sclavis, Richard Galliano — non pas comme citations, mais comme prolongements du souffle, contrepoints vivants.
Et puis ce surgissement :
qui casse le français, ouvre une brèche, comme un cri dans l’improvisation. Là, on entend Portal.
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