LE BONHEUR : UNE IMMOBILITÉ FORTUNÉE courriel 32

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

32

F. à J.G.

Afin que le sentiment du bonheur puisse entrer dans l’âme, ou du moins afin qu’il y puisse séjourner, il faut avoir nettoyé la place et chassé tous les maux imaginaires.

Nous sommes d’une habileté infinie à en créer, et quand nous les avons produits, il nous est difficile de nous en défaire.

J.G. à F.

La poursuite des plaisirs n’est pas du tout le bonheur. Les plaisirs ne sont que des instants courts et passagers. Le hasard en distribue à peu près autant à tous les hommes et, à cet égard, la Nature fait assez son devoir de mère commune. Le bonheur lui est un état, une durée, une immobilité fortunée.

J.G. à F.

F. vécut 100 ans moins 32 jours de la moitié du XVII° à la moitié du XVIII° siècle L’air du XVIII° siècle était léger et cette idée du bonheur était en train de naître à l’égal d’un savoir tourné vers la science libérée des démons de la Religion

J.G. préfaça les Entretiens sur la pluralité des mondes de l’auteur précédent. Il publia sa correspondance avec Romain Rolland : « L’Indépendance et l’esprit ».

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

    • Fontenelle → naissance d’une pensée claire, désencombrée, tournée vers la raison et la science
    • Jean Guéhenno / Caliban → conscience moderne, inquiète mais droite, attachée à une forme de dignité humaine, même dans le trouble

    Et cette phrase :

    « Le bonheur lui est un état, une durée, une immobilité fortunée. »

    résonne pleinement dans l’univers de Guéhenno :
    non pas un bonheur frivole, mais quelque chose de tenu, presque conquis moralement, une stabilité intérieure au milieu des secousses du siècle.

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