TRADUIT DU SILENCE

Traduit du silence

Autour de minuit

Au fil de la plume

Qui crie chante rit

Silence On tourne

Sept fois ses murmures

En autant de sources

De récits mythiques

Traduits des Écritures

Des contes d’hiver

De la bouche d’où sortent

D’obscures illuminations

Et à la fin

Que comprendre à ces paroles

Il faut qu’elles fuient et volent

EN VERS MÊLÉS

Ne croyez pas que je me joue

Mêlant mes vers présents du jour

À la grande mêlée sur la toile

Ne croyez pas que je me poile

À hasarder plume lézarde

Dans la confusion d’internet

Et que le feu de la langue vous arde

Si ne savez combien d’amours se jouent

Dans la moindre pièce donnée

À lire et à goûter en vers mêlés

une page en vers mêlés

INACHÈVEMENT

Cette façon qu’a la vie de ne pas finir ses phrases. Claude Roy

Je vous donne le monde afin d’y voir plus clair

L’odeur du chèvrefeuille le moineau  qui pépie trois notes de Messiaen

J’essaie de relier ce qui est séparé

Entre deux draps de lin le langage intérieur qui a maille à partir avec l’inconscient

L’esquisse le fragment un souvenir d’enfance où l’on joue pour de vrai à pauvre petit chat

Et puis soudain l’auteur du poème en train de s’écrire perd de sa béatitude

Il sait il ne sait plus comment boucler ce chant

Il le donne au lecteur qui fera mouvement

Saura t’il conjurer cet inachèvement ?

DES POÈMES RIEN D’AUTRE

Des poèmes

Rien d’autre

Venus d’ailleurs

Ou bien d’ici

D’un voyageur

Qui n’a pour bagage

Qu’une voix

Qui persiste

Mais qui ne signe pas

Des poèmes

Poste restante

Glissés entre

Deux pierres

D’une restanque

Écrits en marge

D’un monde politique

Qui s’étripe

Des poèmes

Écrits au lit

D’une rivière

Spirituelle

Garonne Ariège

Où neigent

Des rimes inactuelles

Des poèmes enfin

Nés au mitan du siècle dernier

Portés par de vagues réminiscences

Jusqu’au quart du siècle présent

Sans garantie d’authenticité

Mais qui ont le privilège

Somme toute

D’une certaine longévité

Martigues 27 décembre 2024

PRÉSENT DU PARADIS

Comme des vœux

D’un  nouvel an

Un bout à  bout

De but en blanc

Debout les morts

Et les vivants

De but en blanc

Je te le dis

Tu n’iras pas au paradis

Le paradis n’existe pas

Ou bien c’est ici

Et maintenant

Qu’il faut en faire

Un présent

Un viatique

Pour chaque jour

Du nouvel an

Bon vent