POÉSIE EN UN SUJET FOLÂTRE ET DÉRÉGLÉ

Dès ma première enfance la poésie a eu cela
de me transpercer et de me transporte
r
Michel de Montaigne

Et moi je suis
De ceux qui tiennent
Que la poésie
Ne rit point ailleurs
Qu'en un sujet folâtre
Et déréglé
.
Fol âtre
Où flambent
Sonnets nouveaux
Et vers libres
.
Dévidant et filant
La langue françoise
Par tous les sens
Brisée et rapiécée
.
Et en tous lieux




PASSER LA MAIN

 
J’ai besoin de passer la main
écho parlant quand bruit on mène
J’ai besoin d'un dictionnaire à part moi

et du filon des mots
J’ai besoin de la blanche hermine
et des sons de mon piano blanc
J’ai besoin de la face cachée de Mozart
et des dissonances de l’Art

J'ai besoin des promesses de l'aube
Et des neiges d'antan


LE CHANT SOUS LE TEXTE

 
Ces bêtes à l’abandon :
Un lièvre patagon
La huppe des Alyscamps
Et la perdrix des neiges
Menacés par un rastaquouère
Qui nettoie son fusil

.
Puis après le grand boum
Rien à ramasser
Des quelques restes
De poils et de plumes

De poèmes sans fin
.
Et cependant
Sur l’aile de papier
Frémissent et se déploient
Les songes d'un papillon blanc
Éphémère ingénu
Que le chant sous le texte
Éblouit de mystère

FIN DE SEMAINE

Une semaine se termine
Une semaine s’achève
Une semaine au bout du monde
Une semaine dans l’aurore d’hiver
Une semaine sur la tombe de Léopoldine
dans le soir qui tombe sur Horfleur.
.
Semaine
Septima
Sept jours
.
Une semaine c’est selon
.
Il y a ceux qui sèment le blé
Ceux qui sèment la haine
.
Il y a celles qui sautillent la maclotte
Celles qui veulent vous aimer
Mais vous aimer à peine.
.
Il y a les voyageurs aux semelles de vent
Il y a les sédentaires qui ont mal aux dents
.
Et puis Guillaume Apollinaire
qui chanta maintes complaintes
Sur la peine
et la Seine
qui passe
et ne revient pas.
.
Quand donc finira la semaine
Quand donc finira la semaine


.

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