J’ÉCRIS POUR VOIR

J'écris pour voir
Ce que spontanément
Je ne vois pas
.
Ce qui finit
Au bout du processus
Par me détendre
.
D'abord je lis
Les yeux fermés je lis
Dans mes pensées
.
Elles sont nulles
Il faut les réveiller
À petit feu
.
Et peu à peu
Faire changer la place
de mes idées
.
J'étais couché
Je suis assis genoux
pliés j'inspire
.
Inspiration
Expiration j'y vois
soudain plus clair
.
Béatitude
La vertu elle-même
dit Spinoza
.
Tranquillité
Le poème se lève
Il est léger
.
De bas en haut
IL a suivi la loi
D'intégration
.
Un lumignon
Refus d'obscurité
De pensées serves
.
Il est fini
Je l'ai fait lentement
Heureux de mettre
Le point final



.

L’INVENTION D’UN POÈME

Ce poème n’a aucune réalité préétablie

(ce ne sera même pas si ça se trouve un poème)

Mais j’aurai à nouveau fait l’essai

Relié ce qui est séparé :

les cloches qui sonnent sans raison

l’oiseau qui ce matin chante Messiaen

et les mots automatiques qui fatiguent ma plume :

essaim

éclaircie

hypnographies

Tout ce qui évolue dans l’invisible

Et qui fera l’objet sur ma page prochaine

D’une version autre

Meilleure…ou pire

ÇA VA TROP VITE

Quand ça va trop vite il faut s’arrêter

suspendre nos activités casser le

rythme effréné pour souffler

cesser de parler quand tout est

dit et singulièrement arrêter d’

écrire nos fadaises à nos corres

pondants X  Y  Z

.

Le monde alors s’allège le silence

s’installe nul mot ne vient s’ajouter

au vacarme quotidien des mégapoles

on est muet

Silence sur toute la ligne