Automne chère inflexion
Ses sanglots longs mais sans violons
Les mains coupées sur la pelouse
Octobre son souffle premier
Comme l’art des grands imagiers
Peut-être un jour serai-je octo
Génaire, écrit le pinson,
Pour d’octobre faire mes trilles
Octosyllabiques, au bic.
L’ouvrage sera malhabile,
Comme l’enfant qui son premier
Homme dessine. On dirait
Une aubergine, un monstre inquiet.
On dirait un bonhomme de neige
Dans l’ornière d’une forêt.
.
Le vers revient à son village,
Où les vieux habitants masqués,
Assis au soleil, sont glacés.
- Vraiment il ne réchauffe plus !
Vraiment ce sont des crustacés
Avec leurs pattes kafkaïennes
Et leur grinçant stradivarius.
.
Le vers est scène de théâtre,
La bande-son, cris de mouettes,
Jonas l’enfant chante un refrain
Sorti de son joli museau
De loup. Une berceuse, un doux
Frou-frou. L’envoûtement vaudou,
Le baobab de l’alphabet.
.
Pour conjurer les noirs hérauts,
Le vers zigzague dans la foule,
Sème au hasard du carnaval,
Des oursins et des gants de femmes.
.
Le tourbillon se perd ici.
Sur la page des feux follets,
Le Tout-Monde s’est déployé.