ÉCRIRE SANS RAISONS C’EST MA RAISON D’ÉCRIRE

12 | juillet | 2018 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

JUILLET JUJUBE ET JUJUBIER

SEPTIÈME MOIS : JUILLET. JUJUBE ET JUJUBIER.

Septième vie dans la cité de la Concorde,

Quand tout autour le monde violent se défait.

Nous maintenons récitatif, cordes de feu,

Souffles des poésies, simplement et sans bruit.

Écrire sans raisons, c’est ma raison d’écrire.

La lune a disparu dans un coin du verger,

C’est le moment de déployer nos alphabets.

Belles de nuit, filles d’Orphée et feux follets.

Portraits crayonnés sur le papier,

Qui se confient à l’anthologie Jacques Basse.

On l’entend sans la voir ma bouteille à la mer,

un peu de souffle, un peu de chant, beaucoup de temps.

Source des nuits qui la remplit d’une eau discrète.

On la voit sans l’entendre, fiasque, fiole, fillette,

Ailes de papillon, vertiges de mouettes.

Je les confie au vent, à la joie qui sécrète

ce miel secret pour le lecteur de l’autre rive,

de la pièce, du souci, du murmure intérieur.

Va-et-vient des poèmes, inutiles, essentiels.

Lebontempsdelavie, j’ouvre une anthologie,

Un poème par jour alternant homme, femme.

Lire à l’envers, en guise d’elles et loin des maîtres !

Preuves d’Amour nous font cruellement défaut.

Sous l’écorce des mots de la tribu, l’aubier,

La vie du langage qui nous donne vigueur,

joie, puissance d’agir, ABC fraternel,

imagination (faites la diérèse).

Le grand-duc au grenier, un poète empaillé.

Il se plaint de sa vie, du destin, du cogit

Ô nausée, vie absente, couchées sur papier bible.

Jean-Jacques-Dorio

LIEUX ET SOURCES DES POÈMES

SUR LE PONT DE BROOKLYN

des poèmes

qui virent

de bord

des poèmes

qui traversent

le ru

des poèmes

rutabaga

et radis noir

des poèmes

écrits

sur le pont

de Brooklyn

le premier mai

2018

*

PASSAGE MONTAIGNE

des poèmes

du milieu

de l’empire

des poèmes

qui en pincent

pour Li Po

et Wang Wei

des poèmes

du passage Montaigne

des poèmes

plus légers

que la folle avoine

POUR LE LECTEUR DE L’AUTRE RIVE

11 | juillet | 2011 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

VA-ET-VIENT DES POÈMES (la bouteille à la mer)

On l’entend sans la voir   ma bouteille à la mer

Un peu de souffle   un peu de chant   beaucoup de temps

Source des nuits   qui la remplit   d’une eau discrète

On la voit sans l’entendre   fiasque fiole fillette

Ailes de papillons   vertiges de mouettes

Je les confie au vent   à la joie qui sécrète

ce miel secret   pour le lecteur   de l’autre rive

de la pièce   du souci   du murmure intérieur

Va-et-vient des poèmes mystérieux   et sans haine

MONOLOGUANT JE DIALOGUE

Monologuant je dialogue

Dans le fournaise de l’esprit

-L’instant engendre-t-il la forme ?

-La forme nous fait-elle voir le temps ?

*

Je dialogue avec le Songe

-Que reste-t-il de nos amours ?

-Il est resté comme un abîme

Entre ma vie et le bonheur*

*Nerval

*

Je dialogue avec mon double

Qui se fragmente chaque nuit

-Mais quel est ton mot de passe ?

-La Recherche du « comment vivre »

*

Je dialogue a volo avec le temps perdu

-Mais comment t’appelles-tu ?

-René.e Renaissance

*

Je dialogue avec ce chat mort et vivant créé par ce physicien farceur

dont j’ai oublié le nom

-C’est ta contribution à la relativité généralisée je suppose ?

-Oui c’est l’esprit même de mes poèmes qu’on ne sait sur quel pied danser.

*

Je mets en dialogue le texte et le sous-texte

-Tu penses à quoi mon cœur ?

-À l’impensé ma belle !

*

Je dialogue avec mes toiles peintes d’acryliques et d’encres projetées

-C’est un art expressionniste non ?

-Oui, mais ce n’est peut-être qu’une impression soleil levant.

*

Je fais dialoguer la chouette de Minerve et le hibou baudelairien

-Et ça donne quoi ?

-Des plumes éparpillées au matin sur mon oreiller.

*

Je dialogue avec tous ces textes de papier que je lis sans cesse

et relie au palimpseste des pièces perdues ou inachevées

TOUTES LES FEMMES SONT TEINTES DU SANG DES ROSES

09 | juillet | 2017 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

Écoute N’écris pas

Écoute Beethoven Thelonius Monk

Les gymnopédies d’Erik Satie et Ravel

La lettre à Élise plagiat anticipé de Frédéric Chopin rondo poco moto

Bagatelle en la mineur

Autour de minuit Round midnight

Autour de l’heure où l’Indécis au Précis se joint*

Exerce tes doigts gymnopèdes

avec les gnossiennes qui troublent ta mémoire

et l’oubli impossible de ton infante défunte

Toutes les femmes sont teintes du sang des roses**

*

*Verlaine **Hugo