IL Y A LONGTEMPS QUE JE NE T’AI PAS ÉCRIT POÈME

premier jet
toujours sans ratures
mais la version ici donnée
a été longuement réécrite
avec les touches du clavier azertyuiop


IL Y A LONGTEMPS POÈME…

(en cours d’écriture)

*

Les poèmes sont des poteries tombées de la main de leurs créateurs et qui se sont brisées.

 Chacun en ramasse un fragment et y cherche sa vérité.

( variation d’un aphorisme de Rûmi poète persan du XIII° s)

*

il y a longtemps que je ne t’ai pas écrit poème à la gomme

poème à la noix tout de guingois

il y a longtemps que je t’ai pas fait gîter sauter remuer tête et pied

il y a longtemps que je ne t’ai pas confronté à la poésie universelle

ton absence trop longue me déchire le cœur

il y a longtemps que je ne t’ai pas accordé aux six cordes de ma guitare

au luth plaintif au piano du pauvre se pend autour du cou de Madame la Misère

comme chantait le grand Ferré

il y a longtemps poème que je ne t’ai pas attaché à la queue du grand chien

de l’ourse ou de la constellation de la lyre

il y a bien longtemps que tu n’as pas fait  rire  et pleurer ma bien aimée

avec tes vers qui hésitaient entre charmes et larmes

 il y a longtemps que je  ne t’ai pas revisité dans un haïku de Bashô

la route où après moi nul ne passe

il y a longtemps mais cette nuit d’automne je la passe sous le drap

sans toi grelottant …

LA CHANSON DES GUINGUETTES


Voix Jean Jacques Dorio
accompagnement Philippe Bruguière

 

LA CHANSON DES GUINGUETTES
 
Paroles et musique JJ Dorio
 
La chanson des guinguettes du pavé des bistrots
Les goualantes le guinche le dimanch’ des prolos
Un brin de nostalgie des rengain’s oubliées
36 et 68 La plage sous les pavés
 
La chanson des cités le rap laisse bêton
I am l’encre et le sang la misère la baston
Une dos’ d’Utopie dans ton cocktail maison
Petit frère faut changer la haine en illusion
 
La chanson éternelle sur les lèvres des vivants
La douceur des voyelles la douleur des mourants
La chanson des guinguettes du pavé des bistrots
36 et 68 Música maestro 



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               adressée à
 
                              Jean Jacques Dorio
                           9 rue de la Bergeronnette
                               13500 Martigues
                          
                      (tiré à 100 exemplaires 80 restants)

FANTAISIES IMMÉMORIALES

 


FANTAISIES IMMÉMORIALES
un POURQUOI J’ÉCRIS auquel je ne peux répondre qu’en écrivant,
différant sans cesse l’instant même où, cessant d’écrire,
cette image deviendrait visible,
comme un puzzle inexorablement achevé.
                             Georges Pérec     
 
Le projet de laisser par écrit, - on ne sait trop quoi en définitive –
au départ les éléments d’une biographie singulière
 - qu’on le veuille ou non – sans trop de précaution,
mais quand même, avec lenteur, en choisissant ses mots,
non sans quelque méprise, … ce projet-là, pour l’essentiel,
nous met en mouvement, nous occupe, nous libère.
Cependant que les recherches se font dans les papiers
accumulés un demi-siècle durant, sur le disque dur de l’ordinateur,
les clés USB…et le reste.
La pauvreté et l’innocence du corps du monde,
des lettres reçues des peu d’ami.e.s réel.le.s qui me restent.
Le passage de témoins pour la commodité particulière de mes deux filles,
quand elles m’auront « perdu »,
un peu comme blaguait l’illustre châtelain de Montaigne
s’adressant aux lecteurs intimes, et infimes croyait-il,
de ses Essais.
Car, disons, ce soir particulier,
un samedi d'octobre de l’an deux mille dix-neuf,
l’histoire de ma vie n’existe pas.
Nous l’appellerons fantaisies immémoriales.
Avec une partie adressée à la femme
qui a partagé le meilleur de nos vies :
- Je te parle chaque jour depuis le rocher de ma pointe noire,
réactivant nos mémoires anciennes,
car la proche s’est effacée, irrémédiablement.


LA COCCINELLE

voix Jean Jacques Dorio
accompagnement Philippe Bruguière
 

LA COCCINELLE
 
Poème Victor Hugo Musique JJ Dorio
 
Elle me dit: « Quelque chose Me tourmente. » Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus, Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou, A seize ans, on est farouche, -
Voir le baiser sur sa bouche Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage; Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche fraîche était là: Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle; Mais le baiser s’envola.

« Fils, apprends comme on me nomme », Dit l’insecte du ciel bleu,
« Les bêtes sont au bon Dieu; Mais la bêtise est à l’homme. »

 
Victor Hugo
Paris, mai 1830.
Les Contemplations


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                                       Merci
 
                              Jean Jacques Dorio
                           9 rue de la Bergeronnette
                               13500 Martigues
                          
                      (tiré à 100 exemplaires 83 restants)


UN POÈME DES DONS

 

UN POÈME DES DONS
(en cours d’élaboration)


Ce poème je l’ai écrit comme toujours sans bien savoir pourquoi
poussé par la gratuité des mots
leurs sens divers leurs variations vibrations bigarrures

Je l’ai écrit dans le désordre de mes pensées l’égarement et son contraire
que tu sauras peut-être toi qui lis nommer

Ce poème je l’ai écrit avec un crayon sur les marges d’un livre
au lit en pleine nuit
De quoi parlait-il mon poème de papier Je ne sais plus vraiment
Du jeu peut-être de la perte de tous nos « je » que l’on porte en soi

Ce poème parlait au papier comme au premier venu
à qui je l’offre à cet instant
Je t’en fais don ami.e mais je ne sais si tu le recevras
j’y compte un peu quand même
mais je ne suis pas assuré que tu t’y reconnaisses

Si cependant dans mon poème tu as mis le pied
– je n’ose pas écrire si tu y as pris ton pied
comme nous disions naguère –
peut-être ami.e me le rendras-tu revisité réécrit
réinterprété à ta manière unique et singulière

Et vraiment ce qu’à ton tour tu me donnerais
je le recueillerais avec grand soin fleurs du bien ou fleurs du mal
ces « extensions du domaine du don* » seraient notre reconnaissance
et notre capacité à vraiment dans chacun de nos poèmes
TOUT DONNER


*
italiques Michel de Montaigne
*le livre d’Alain Caillé sur lequel j’ai prosé ces quelques lignes