DEUX VOIX SANS PERSONNE

-Qu’en penses-tu ?

-Mais de quoi donc?

-Mais de la Bête!

-L’Apocalyse ?

-Non, le Poéte.

-Bien trop abstrait !

-Mais tu l’as lu?

– Je l’ai passé au peigne fin.

-Mais il est chauve!

— C’est une image.

-Oui de même que

Cet échange mystérieux

Sur poésie et vérité

-Empreinte du daimon de Socrate

Qui le faisait planer

(Mais ceci est une autre histoire)

J’ÉCRIS POUR VOIR

J'écris pour voir
Ce que spontanément
Je ne vois pas
.
Ce qui finit
Au bout du processus
Par me détendre
.
D'abord je lis
Les yeux fermés je lis
Dans mes pensées
.
Elles sont nulles
Il faut les réveiller
À petit feu
.
Et peu à peu
Faire changer la place
de mes idées
.
J'étais couché
Je suis assis genoux
pliés j'inspire
.
Inspiration
Expiration j'y vois
soudain plus clair
.
Béatitude
La vertu elle-même
dit Spinoza
.
Tranquillité
Le poème se lève
Il est léger
.
De bas en haut
IL a suivi la loi
D'intégration
.
Un lumignon
Refus d'obscurité
De pensées serves
.
Il est fini
Je l'ai fait lentement
Heureux de mettre
Le point final



.

ÇA VA TROP VITE

Quand ça va trop vite il faut s’arrêter

suspendre nos activités casser le

rythme effréné pour souffler

cesser de parler quand tout est

dit et singulièrement arrêter d’

écrire nos fadaises à nos corres

pondants X  Y  Z

.

Le monde alors s’allège le silence

s’installe nul mot ne vient s’ajouter

au vacarme quotidien des mégapoles

on est muet

Silence sur toute la ligne