LA NUIT EN DIX QUATRAINS

La nuit
comme rencontre
du sommeil
sans sommeil

La nuit
comme l’écart
du Corps
et de l’Esprit

La nuit
comme ton âme
en allée
dans ta nuit définitive

La nuit
comme ta grâce
ignorée
des miroirs

La nuit
comme les flaques
de la mer
sur le sable

La nuit
comme une écharde
dans la main
du silence

La nuit
comme un sentier
dans la voie lactée
des indiens morts

La nuit
comme les clefs
qui n’ouvrent
aucune porte

La nuit
comme la perte
des songes
et des promesses

La nuit
comme l’encre noire
qui a tracé
cette page



AVEC CORBIÈRE TRISTAN

S’il vous arrive de vous prendre parfois
au sérieux
Lisez Tristan Corbière

Artiste sans art
à l’envers
Philosophe à tort
et à travers


Sérieux à vous rendre malade
Raclant vos vers sur une lyre imaginaire
Avec votre pouce transformé en plectre
Avec la folle du logis qui vous balade
Faisant de votre savoir-mourir
Odes et ballades

S’il vous arrive de vous prendre la tête
Pour entrer dans la top-liste
Des poètes de printemps
Chantez loin de leur gnian-gnian
Avec Corbière Tristan

PAGE D’ÉCRITURE

Une page d’écriture c’est réjouissant d’annoncer ainsi la couleur d’abord toute blanche puis au fur et à mesure se remplissant de signes de mots de caractères de lettres de lignes que l’on écrit au stylo plus ou moins fin (0,5 mm en ce qui concerne le fauteur (sic) de cette page) l’écrire sans être le moins du monde écrivain (mais écrivant on le concède) sans jamais savoir pourquoi et en évitant cela va sans dire l‘hilarité mortelle qui ricane derrière tout ce que nous accomplissons selon le dictionnaire portatif de citations qui nous accompagne (article hilarité) L’écrire maintenant dans le petit espace restant sous le vent mistral qui vient opportunément de se lever non pour tenter de vivre mais pour s’avouer que l’on a encore une fois cédé à la tentation de l’écrire jusqu’au bout (c’était son but) cette foutue page d’écriture maintenant et pour de bon ter/mi/née

Un nouveau dictionnaire à part moi p 89

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LA RALENTIE

ON A TOUTE LA NUIT POUR JOUER LA RALENTIE 
Avec son horloge de sable Avec la page que l’on remplit peu à peu de ce qui est à l’intérieur de soi Avec tout ce qui alentour se dérobe Avec l’Histoire grande hache et notre petite histoire qui se pare d’oublis Tout est au ralenti a dit le docteur devant le corps de ma vieille grand-mère qui quittait peu à peu sa vie Je ralentis Je dorveille et je veilledor Je n’ai pas envie de parler de moi J’ai envie de tendre l’oreille pour écouter la germination Et le bruit du temps Ossip Mandelstam (1891-1938)
Un nouveau dictionnaire à part moi p 88
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L’ÉCRITURE ABRACADABRANTESQUE

Non pas Cobra ni Dante ni le Brabant du laboureur de l’an 40

Mais l’écriture en marchant de deux impétrants née entre Panthéon et la fontaine du Boulmich

Cette nuit sans tambour ni trompette

L’écriture automatique fait sa lessive

Elle étend ses chants magnétiques

À la Bugade de Villeneuve les Avignon

À Grenoble Ville Nouvelle

À Martigues Venise provençale

C’est l’écriture Jean de Nivelle

Qui fuit quand on l’appelle

Et qui revient au bercail

Quand on l’attend la moins

Quand la mer en allée

Emporte le soleil de l’éternité

Quoi Science avec Patience

Et surtout on y entre sans frapper