LES FORMES DE MA VIE





LES FORMES DE MA VIE

Les formes de ma vie sont ainsi entrées les unes dans les autres.

Chateaubriand





Je suis et ne suis pas

Ces signes sur la page

L’instant ouvert au monde

Ce va-et-vient de mer

Dans la rumeur des vagues

Et le murmur des mots

Que l’on dit fondateurs

Dans le Secret des Marges





Je suis et ne suis pas

Cet océan qui flotte

Les sphinx volants des rêves

Le bouclier d’Orion

Le bon alexandrin

Coupé en deux fleurant

Le son d’un parchemin

Les  rimes du chemin





Je suis et ne suis pas

Un pantoum négligé

Les formes sur la feuille

Qui nous métamorphosent

Les îles ignorées

De l’ode et de l’épître

Les pavés sous la plage

Dans le beau mois de Mai





Je suis et ne suis pas

Ni moi-même ni un autre

À la fin de la pièce

Comme un dernier baiser





Secret des Marges

JJ DORIO

Ed Rafael de Surtis (2011)

enregistrement « brut » en attendant le raffinement que l’on crée dans un studio

DISSONANCES/ÉCHANGER

JE PEINS LE PASSAGE
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Ajouter un troisième terme

DISSONANCES / ÉCHANGER / RÉSONANCE

les mots tressés
sur la page blanche
en dissonances

mots échangés
et rapiécés
un rite étrange
de la pensée

une brève / un silence

une présence
d’encre
une résonance

les mots pressés
et triturés
juste une trace
colorée

Maria-D


DISSONANCE / ÉCHANGER / RÉSONANCE / BOL TIBÉTAIN

Du bol tibétain les harmoniques s’envolent
le son traverse l’espace
les ondes se propagent dans le corps

le chaman sonne le temps
la clochette dit inlassablement:
« Ré dièse! Ré dièse! Ré dièse

Non! Non! Non! »

Estourelle

CROISEMENTS/CHAMAN

JE PEINS LE PASSAGE
suggestion : ajouter un troisième mot 
et l'illustrer d'un court poème


1

CROISEMENTS/ CHAMAN/RÊVERIE


les fils du rêve
se croisent s’étirent
se nouent et se dénouent


qu’est ce qui se joue

de nous de vous ?


on n’en sait rien
on laisse voguer
la barque des songes
vers le pays de nulle part

Estourelle

2

CROISEMENTS / CHAMAN / 
RÊVERIE / PASSEUR

passeur de rives
passeur de rêves

croisement des îles
froissement d’ailes

graines de chaman
signes en écho

entre ses doigts
une poétique

la rêverie

Maria-D

la rêverie multipliée

LA CENSURE DÉFIÉE PAR UN IMPROMPTU ÉCRIT DANS LE JARDIN DE L’ÉTÉ

tel quel premier jet




LA CENSURE DÉFIÉE PAR UN IMPROMPTU ÉCRIT DANS LE JARDIN

Cinq siècles après comme le bon Marot,

Me voilà moi aussi dans ce petit jardin,

Que j’ai recouvert d’arbres, de haies,

de fleurs qui sentent l’été et d’une vigne

qui monte sur la pergola,

qu’un ferronnier m’a posée.





Loin de toute fausse querelle qui sature

l’espace public, de ceux et celles, qui pour exister,

ont besoin chaque jour de chercher noise,

mais sans crainte, encore heureux, que l’on vienne,

pour mon athéisme, me persécuter.





Et cependant préoccupé comme le fut Clément,

par l’avancée irrésistible de la Censure,

avec ses alliés historiques qui se renforcent

au vent mauvais des « passions tristes » :

les chefs d’état nationalistes et sans contrôle démocratique,

les Religieux qui lisent leur texte sacré, comme si c’était vrai,

et les fanatiques qui font de leur cause

la négation de tout Universalisme.





J’oublie. Une cigale maintenant résonne,

et me somme de me remettre à filer mes vers :

C’est cette activité sur « soy-mesme », me dit Marot,

« qui fait à l’homme, heureuse vie avoir ».





20/07/2020