Ce peu de nous
Il se peut noue
Nos ressemblances
Avec nos discordances
Ni trop ni peu
Dans ce domaine
Où l’on joue
À qui perd gagne
Du corps ou de l’esprit
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ce peu de nous
Il se peut noue
Nos ressemblances
Avec nos discordances
Ni trop ni peu
Dans ce domaine
Où l’on joue
À qui perd gagne
Du corps ou de l’esprit
Je ne dis les autres sinon pour d’autant plus me dire. Michel de Montaigne
Qui me retient ? Qui me fait avancer? Allez savoir Ce sont peut-être les mêmes personnes bonnes aux deux fonctions Prenez en premier les poètes d’autrefois les pouetpouets des poèmes écrits au cordeau que nous écrivions sur le cahier de poésie avec nos doigts de rouge gorge ou de corneille never more Nous les récitions nous balançant d’un pied sur l’autre avec la ferveur des novices Passez ensuite aux philosophes aux filous pondant leurs zofs Ceux des livres consacrés et ceux cons sacrés inscrits sur les murs de Mai 68 Notre vie est composée comme l’harmonie du monde de choses contraires comme autant de tons divers doux et âpres aigus et obtus mous et graves Et puis après la poésie et la philosophie il y avait l’amour qui sourd l’amour passion l’amour illusion l’amour d‘un mour embrassant la mort l’amour d’un jour el amor de don Quichotte de la Manche et l’amour de la vérité qui nous propulse encore vers des découvertes inespérées
Des vieilles ruses courant les livres il en est plein
-Mon nom est Personne dit Ulysse au Cyclope
Des histoires à dormir debout
dans les draps de la Métamorphose
des mariées descendant l’escalier sans leur robe
Des ruses dépliées comme une phrase de Proust
Comme le fils d’un Dieu feignant d’être abandonné
Compléments
On peut toujours rêver avec Métis la Ruse et avec Mathis et Alice les enfants de nos filles qui furent enfants (joueuses) avant que d’être mères
Muse légère ruse entraînant les lecteurs-lectrices qui veulent bien jouer le jeu dans un tourbillon sans fin (comme dit la chanson)
Chante par ma voix o Muse les aventures de l’Inventif, l’homme aux mille ruses qui pilla Troie et pendant dix ans sur l’amère mer erra
La ruse irréductible de l’art est de dire simultanément que le réel ne vaut pas l’imaginaire mais que l’imaginaire peut se réaliser Olivier Revault d’Allones
Veggio senza occhi
Je n’ai pas d’yeux mais je vois
(les yeux fermés)
Et non o lingua et grido
Je n’ai pas de langue
Mais je crie
Je n’ai pas de plume
Mais j’écris
Avec ce petit feu
Qui me brûle les doigts
et s’étend sous ma peau
Mot à mot
Et qui parfois
(à de rares exceptions)
Fait poème
Chi po dir com'egli arde e'n picciol foco
Qui peut dire comme il brûle c'est d'un feu tout petit
Signes ne sont pas cygnes
Et cil qui bat n’est pas s’il vous plaît
à celle que vous croyez
Silence serait-on tenté d’ordonner
En ces temps où de plus en plus d’imbéciles
Votent pour les partis de l’ordre et de la discipline
Silence mon œil
Cy n’entrez pas
Qui empoisonnent le monde
Soir et matin
En lâchant vos mâtins
dans l’étrange lucarne
devenue écran plat
où l’on entend des voix
proférer maintes platitudes
Signes sans cygne ont proliféré
Je l’assume et je signe