
la main écrit puis trace ses hypnographies
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

la main écrit puis trace ses hypnographies
Chaque nuit c’est la grande lessive de nos journées
Tandis que nos rêves s’écoulent
Métamorphosant nos pensées
.
Voilà le singe grammairien
Qui génère rires et larmes
.
Voilà le sage méditant
sur l’impermanence des choses.
La passe fatale d’Ignacio Sanchez Mejias
Le passage d’un oiseau de feu
.
Voilà le geste de la musicienne du silence
Dont les mains libèrent les mélodies
Qui permettent d’écouter l’herbe pousser
.
Voilà l’interprète des éléments
qui nourrissent nos imaginaires
L’air la terre l’eau et le feu
.
Et voilà cet écrit fait d’une main
qui l’écrivit sur papier blanc
Longtemps longtemps
Avant de le faire apparaître
Bon gré mal gré sur cet écran
La poésie s’est perdue
On ne sait plus la chanter
La poésie a disparu
On ne sait plus où elle est
Le passeur des Saintes Maries
Assure qu’il l’a vue dans le delta du Rhône
Mais il semble établi que ce n’était qu’un drone
La poésie s’est perdue
On ne sait plus la chanter
La poésie a disparu
On ne sait plus où elle est
La factrice de ma rue prétend que
Ses lettres s’adressent encore au vieux poète
Qui résidait à l’Isla Negra
Mais cette adresse n’a plus de réalité
L’aube marine a effacé l’encre des enveloppes
La poésie s’est perdue
On ne sait plus la chanter
La poésie a disparu
On ne sait plus où elle est
Où la chercher alors?
Où la chercher encor?
Si ne n’est dans le fleuve
L’île La forêt des symboles
Et les lettres d’amour?
Elle est dans le désespoir
Et elle est dans l’espoir
Elle est dans tous ses livres muets
Qu’il faut apprendre à faire parler
Elle est dans le nid de tes yeux
D’où sortent ces paroles trouvées
Sur le vieux sentier troubadour
Elle est dans l’écriture quotidienne
Qui se mêle au soleil de demain
En allé en la mer avec l'éternité
Parfois, les images du bonheur
Persistent sous les paupières
Longtemps
Une fragrance, une caresse,
Sur la joue, et ressurgissent
Les rires et les paroles
Données
En ce temps- là, la vie était douce ,
Et nos rêves plus forts
Qu'aujourd'hui
Danielle Nabonne

GARONNE
Sous les charmilles
Le temps vacille
Je remonte
Sur mon crayon d’enfance
Je reprends
Le chemin buissonnier
J’ entends le pas
De mon grand-père
Qui descend à Garonne
Nous longeons la rive
Silencieux
La rivière dessine
Avec les galets
Des tableaux mouvants
Une libellule se pose
Un instant
Une paix bleue
Comme un ciel
Occitan
Puis, le chant reprend
Tout bourdonne, tout bruit,
J’entends l’ arbre qu’ on abat ,
Et le souffle des guerres
À venir
Danielle Nabonne
Pour les lecteurs de poésie mode d’emploi
Ma plus belle chanson d’amour
Merci à Jean Roger Caussimon
Pour ses paroles et son interprétation
Et à Léo Ferré pour la musique