Arbres tirés par les cheveux
Blancs Noirs ou Verts
Peupliers Pins brûlés Chênes verts
Arbres sur ma page vierge
Qui poussent à qui mieux mieux
La nuit
De vers en vers
ALICE À HYDE PARK
Les parcs londoniens regorgent d’arbres Mais un seul nous a abrités Ce dimanche 4 juin Où le soleil tapait fort Sur le crâne d’Alice La petite fille tournait comme une toupie Autour de notre grand chêne vert Tours de hanches Tours de reins Le grand arbre n’y comprenait plus rien
AUX BRANCHES DE MON ARBRE
Aux branches de mon arbre Les pendus de Villon Mais aussi mes vieilles branches Mes copains de jargon Aux branches de mon arbre ”Rien qui pèse Ni qui pose” Mais de petites fleurs Que souffle Sydney Bechet Aux branches de mon arbre Où des bouffées de neige Me rappellent une dame d’antan
LA PURETÉ D UN ARBRE
La pureté d’un arbre
Rejoint celle des bras enfantins
Qui l’etreignent
Y grimpent
Pour se saouler de cerises
Et de chants de Brassens
Auprès de mon arbre
J’ai vécu heureux
DÉCLINAISONS D’UN ARBRE
Pour Sylvie Gate
https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/
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DE L’ARBRE QUI NE RÉVÈLE PAS NE CHERCHE PAS MAIS SIGNIFIE
de l’arbre où poussent les neurones de notre cortex /de l’arbre transfert aérien de notre for intérieur/ de l’arbre ébranché dans un alexandrin : voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches Verlaine/ de l’arbre qui irrigue les carnets et les cahiers de peintres qui essaient pour le figurer de prendre le recul nécessaire sur leurs pratiques millénaires/ de l’arbre de citations /de l’arbre qui cache la forêt des symboles /de l’arbre composé par les mille et un contes de la nuit : contes de survie contes de défi et chansons où l’on écrit son testament : est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil Brassens /de l’arbre apparaissant sur la langue tirée par monsieur Einstein /de l’arbre mort de mon jardin un cerisier dont j’ai conservé le tronc et les fourches pour m’y asseoir et converser avec mes livres imaginaires qui tels l’oracle de Delphes ne révèlent pas ne cherchent pas mais signifient /de l’arbre du signifiant en ces chaos inattendus cahin caha/ de l’arbre de la barque de Francis Ponge qui s’en va couçi couça « comme tout au monde à sa perte tel un fétu »/ de l’arbre des contes populaires du petit poucet et du baron perché /des arbres de toute une vie où figurent l’écorce et la chair de nos autoportraits /de l’arbre qui s’efface et fuit la terre en feu/ de l’arbre qui déploie ses racines dans le sol jaune des amours contrariées ou perdues/ de l’arbre résistant contre vents et marées

Dorio 2 juin 2023