JE LIS DES POÈMES

Je lis des poèmes sortis de derrière les fagots

Je lis des poèmes attachés aux cornes d’un taureau

Je lis des poèmes en mâchant l’herbe blonde de l’altiplano

Je lis des poèmes de Condor cassant les os des vigognes

Je lis des poèmes de poupées gigognes

Je lis des poèmes à l’enfant qui pleure la mort de Pacha Mama

Je lis des poèmes sur les murs de Mai Mai Mai Mai Paris Mai

Je lis des poèmes à la lune faucille et à la petite vieille de l’Ehpad devenue marteau

Je lis des poèmes aux saules et aux lézards sur ma page-pleuroir

Je lis des poèmes de chamans faisant leurs demandes aux Esprits du Monde Autre

Je lis des poèmes maladroits comme écrits au lance-pierre

Je lis des poèmes du Monde Entier au cœur d’une planète à feu et à sang

Je maintiens vaille que vaille le mouvement millénaire des Alchimistes d’un Verbe

toujours à réinventer

JOUIR DE SA SANTÉ

SOUFFRIR          « Il faut souffrir doucement les lois de notre condition. Nous sommes pour vieillir, pour affaiblir et pour être malades… ». Sur ce plan, incontestablement, les découvertes scientifiques nous donnent le point par rapport à notre ami Montaigne qui tant souffrit de la gravelle, sa « maladie de la pierre. » Mais, contrairement aux jérémiades permanentes entendues ici et là par des gens « en souffrance», dans les intervalles et les bons moments de sa vie, « la santé de Montaigne »*, était vécue par cet homme toujours en mouvement comme la plus belle grâce donnée par la vie : « Je reçois la santé à bras ouverts, libre, pleine et entière, et aiguise mon goût à la  jouir. » *La salute di Montaigne (Sergio Solmi) 1899-1981

MES PETITS POÈMES

Mes petits poèmes
Ils hantent l’univers
Ils battent la terre
Du fléau des vers
  
Mes petits poèmes
C’est jamais pareil
C’est d’abord une carte
Que l’on n’avait pas
On la jette on l’égare 
Sous les pas d’un roi
  
Puis le jeu reprend
Le cheval s’avance
Il se jette à l’eau
Il se noie peut-être
Entre roses et roseaux
Fatras fatrasies    
Mes petits poèmes 
le sauveront-il ?

Mes petits poèmes
C’était quoi au juste
Une entrée d'Auguste ?
Une vie sans plis ?
Questions de pirates
Chaussant leurs bésicles
De profs sourcilleux
  
Mes petits poèmes
Ils n’ont pas besoin
D’être embrigadés
Ouverts d’une clé
Repeints par le docte
Passés à la norme
  
Mes petits poèmes
Qui les suive les aime
En fasse des moires
Entre oublis et mémoires
  
  
Et puis quelle histoire !
On nous la fait pas
Sisyphe Narcisse
C’est bon pour les chats
  
Ce petit poème
S’est fait pas à pas
Il demande grâce
Silence…N’est plus là…
une lecture parmi tant d’autres

MA VIE TOUT UN POÈME



Pour et avec Claude Brugeilles

J’allais Je m’en allais Dans l’allée d’un passé
Remontant le futur Avec chapeau et canne
Bleu soutenant ma veste mes yeux la fumée
de ma pipe Nom d’une pipe en bois de cèdre
Du Liban  de l’Atlas Cedrus brevifolia
Cèdre de l’Himalaya Oh ! là là là là

J’allais Je m’en allais Dans ma tête espiègle
Des chouettes et des hiboux Des femmes à tête d’aigle
Fantasmes et fantaisies Images fantastiques
Humour des interludes qu’on prend en pleine tronche
Caprices et ritournelles face à ce qui nous ronge

Un peu funambulesque Musant avec les Dieux
Des sauts à l’élastique Des boules de cristal
De Bobo de Bohème Ma vie tout un poème

Martigues 31 octobre 2022

ma voix tout un poème