C’ÉTAIT LE BEL ÉTÉ

Comme l’ombre de mon dessin
de plage
La vie passe ainsi
Tout en semblant immobile

tout bouge
le vent le vide
l’étoile la toile de Pollock
le chant du silence
l’œil fendu de Buñuel

et cependant
on croit qu’il s’agit de crier
Cogito !
pour arrêter le sablier

tout bouge
tout se meut
c’est la branloire universelle
du châtelain de Montaigne

tout se transforme
les rires en larmes
le vivre en mourir

tout renaît
sur la scène
du théâtre de la cruauté

c’était bel et bien
le bel été de la vie
c’était … ça a été

un bel été j’ai dessiné l’éternité sur la plage de Fos sur Mer

CENT FOIS TOURNANTE VOTRE VUE

Cent fois tournante votre vue
M’inspire m’émeut me fragilise
Me sort d’Amour ce petit dieu
Controversé par la psychanalyse
Sorti d’un temple dédié à Déités
Que mon esprit contemple et ma langue avalise
Brûlant par dévotion cette recherche de mots
parfaits que j’idolâtre et qui m’infantilisent

Cent fois j’écris ô douce vie
Ensemble et toi et moi je parangonne
Fais le départ entre soupirs ardents et agonie
Ravive ainsi mes amoureuses flammes
Cent fois tournantes à votre vue
Madame dont le teint d’or m’électrolyse

Avec Pontus de Tyard (1521-1605)
Qui écrivit et fit publier
Les erreurs amoureuses