À QUOI COMPARER CE MONDE

À quoi comparer ce monde ?                                                 
J’ai perdu les réponses
que je donnais naïf
et sans la moindre ironie.

À quoi comparer ce texte ?
À une barque légère
Qui vogue sur la rivière du ciel
Légère comme la rosée.

À qui comparer celui qui a écrit
-vaille que vaille- cette page ?
Un lecteur a dit : à un pêcheur d’étoiles.
Une lectrice l’a emportée
dans la paume de sa main.

MON MONDE EN MAI 68

Dorio acrylique toile 150×120 cm

DANS LA FORÊT DE MES RÊVES

Sommeil végétal

Dans la forêt de mes rêves

Mes arbres gambadent

.

Silence côté

Jardin et bruit côté cour

Au cloître des Carmes

.

Il remue encore

L’arbre de Billetdoux

Ses mots et ses charmes

.

Heureux tous les arbres

Qui vivent droits et très vieux

En vrai et en rêves

.

Les arbres d’été

Qui ont créé ces haïkus

Sur fond de nuit blanche

sommeil végétal Dorio 16/07/2025

14 JUILLET 2025

L’étang de Berre attend ses feux d’artifice.

Côté Martigues,
la Sainte-Victoire s’efface peu à peu.

Des avions partent, reviennent
au-dessus de l’aéroport de Marignane.

Des bateaux blancs
se sont placés là,
pour en prendre plein les mirettes.

Pour tuer le temps,
on joue aux cartes,
on se téléphone,
on écoute de la musique
ou battre son cœur.

Et quand le feu commence,
on a beau regarder —
hélas,
on est ailleurs.

On voit les gerbes d’étincelles
comme les drones assassins
tombant sur les pauvres Ukrainiens.

LA NUIT EN DIX QUATRAINS

La nuit
comme rencontre
du sommeil
sans sommeil

La nuit
comme l’écart
du Corps
et de l’Esprit

La nuit
comme ton âme
en allée
dans ta nuit définitive

La nuit
comme ta grâce
ignorée
des miroirs

La nuit
comme les flaques
de la mer
sur le sable

La nuit
comme une écharde
dans la main
du silence

La nuit
comme un sentier
dans la voie lactée
des indiens morts

La nuit
comme les clefs
qui n’ouvrent
aucune porte

La nuit
comme la perte
des songes
et des promesses

La nuit
comme l’encre noire
qui a tracé
cette page



AJOUTAGES

J’ajoute et ne corrige pas

J’ajoute ces presque riens

Nés de je ne sais quoi

J’ajoute par poignée

Mes Glanes

Ne me demandez pas

Pour qui sonne le glas

J’ajoute des pages

De la Disparition :

qui a l’air d’un roman

d’un individu (Anton Voyl)

dormant tout son saoul

L’art pour l’art

C’est de l’air

Sur l’incendie

Des Pennes Mirabeau

L’Art de la Joie

Chasse les peines

Cet art est fou

Feu et ferveur

Fièvre des mots

De Dora Maar

La femme qui pleure

Si vous n’aimez pas

Cet art de l’ajoutage

Vous avez sûrement tort

C’est que vous ignorez

Que quand votre esprit s’égare

Plus tard vous le retrouverez

Mieux ça vaudra