LES MOTS D’UN POÈME

-Les mots d’un poème tombent toujours à leur place.

-Pourtant j’ai lu bien des poèmes où ils ne sont pas à leur place.

– C’est qu’ils n’ont pas encore été écrits.

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Je commence ce soir par un alexandrin

Je ne sais pas encore de quoi je vais parler

Du nirvana peut-être c’est mon nouveau dada

Une entrée en matière pour dire l’indicible

Pour voir les yeux fermés les choses comme elles sont

CHAQUE NUIT UN POÈME

Chaque nuit un poème

Comme franchir le guet

Pierre à pierre vers à vers

À Saint-Gilles à Vauvert

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Chaque nuit le désir

L’essence même de l’homme

Sur les pages de l’Éthique

Pour ne pas perdre la boussole

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Encres vives plume folle

Chaque nuit voit ma pomme

Cheminer dans le labyrinthe

D’un monde de rumeurs

Où je suis de plus en plus

absent

DES NUITS COMME ÇA

Il y a des nuits comme ça

Où au dehors ça pince

ça donne l’onglée

l’envie d’écrire

pour se réchauffer

aux beaux animaux

aux belles dames

et aux laids messieurs

Écrire standard

Écrire free

Juste des bribes

Des c…ries

Les nuits comme ça

Les nuits comme ci

Où Sisyphe roule

Son caillou d’insomnie

POUTINE FASCISTE

« Quand, avec un mouvement de menton viril, Poutine déclare que « face à la menace terroriste, peu importent les pertes, nous ne nous laisserons pas faire, qu’on se le tienne pour dit! », il se rappelle comme elle (la journaliste Anna Politkovskaïa abattue dans l’escalier de son immeuble le 7 octobre 2006) la rumeur insistante selon laquelle les terribles attentats de 1999 n’ont pas été commis par les Tchétchènes mais par le FSB (successeur du KGB) avec l’aval du président Poutine, et il finit comme Politkovskaïa par traiter celui-ci de « fasciste ».« 

Emmanuel Carrère Limonov 2011

 » Arrivé au pouvoir, il aime se faire photographier torse nu, musclé, en pantalon de treillis, avec un poignard de commando à la ceinture. Il est froid et rusé, il sait que l’homme est un loup pour l’homme, il ne croit qu’au droit du plus fort, au relativisme absolu des valeurs, et il préfère faire peur qu’avoir peur. L’équipage du sous-marin Koursk peut mettre huit jours à crever d’asphyxie au fond de la mer de Barants, les forces spéciales russes peuvent gazer 150 otages au théâtre de la Doubrovska et 350 enfants être massacrés à l’école de Beslan, Vladimir Vladimirovitch alias Poutine donne au peuple des nouvelles de sa chienne qui a mis bas. La portée va bien, très bien : il faut voir le bon côté des choses.

E. Carrère