TROIS DIALOGUES INTÉRIEURS

QUESTION SANS RÉPONSE

-Si quelqu’un répond à ta question, c’est qu’il n’a rien compris.

-Mais quelle est la question, je ne m’en souviens plus ?

-Mieux vaut la laisser en suspens, tu ne crois pas ?

-Non, je préfère que tu me la rappelles.

-J’en ai deux à toi de choisir.

-La deuxième.

-Pourquoi y-a-t-il quelqu’un plutôt que personne ?

-J’ai compris.

dialogue intérieur XXV

CREVER

-Sauf si je crève d’un coup, je tiendrai bon jusqu’à mon dernier vers, me dit le poème.

-Mais t’es pas un pneu quand même, lui réponds-je.

-Mais non crever, je veux dire clamser, casser sa pipe, aller ad patres, mourir quoi !

– Ah ! bon ce regain de vocabulaire me rassure, tu n’es pas prêt encore de rouler sur ta jante.

dialogue intérieur XXVI

SE GRATTER LE NEZ

-Là je dois avouer que je n’y arrive pas. Un quart d’heure au moins que je me gratte le nez et le poème n’en sort toujours pas.

-Essaie les trous.

-Mais ça va saigner !

-Mais bien sûr, un poème Faut qu’ça saigne !

Dialogue intérieur XXVII