UNE MARGE DE LIBERTÉ

UNE MARGE DE LIBERTÉ étroite comme le cahier d’écolier qui recueille ses écritures dans le jour qui fuit En marge des recueils célébrés –toujours posthumes- Marge rage brûlée de mistral Marge margelle du puits où luisent de longs cheveux d’argile Marge lyrique pendue aux cravates de chanvre Marge circulaire clair bruit des mêmes soleils revenant des larges buffets de vieilles vieilleries En marge des vieux ports et des îles lointaines En marge des aphorismes sur le ring de points en points virgules Marge polyglotte traduite des silences Marge sans égards pour ce chapelet de poussière et d’ombres En marge d’un petit tour une volte dans les arènes sanglantes du siècle XX En marge de la censure de l’Âge d’or de la Curie Marge à la marge de la fin du siècle : paroles de théâtre, phrases de romancier, flashs poétiques, mascarades, vieux truc platonicien qui consiste à amener le lecteur dans la caverne et de lui faire croire que les choses sont réelles Marge margelle où s’asseyaient les pèlerins du bout des chemins La marge de chaque homme étranger à soi-même dans la vie reconstituée