GRAPHIES





GRAPHIES

Ça dépend de mes stylos, de mon état corporel, de mon attention minutieuse aux caractères nés de l’aurore ou lancés dans des lignes emballées la nuit. Le contraire peut se produire.

Ça dépend de l’heure, du lieu : ceci par exemple est écrit au lit, appuyé à l’oreiller, le carnet sur mes cuisses repliées ; mais j’écris aussi, à la saison, dans le hamac, sur le petit espace de la table devant l’ordi, ou debout le papier sur l’imprimante ou sur mon dictionnaire de base, le Petit Robert ; j’écris dans le bois de pin, assis sur un arbre à l’horizontale que le vent ou la vieillesse déracinèrent ; j’écris assis au raz des vagues de la plage du Casino de Fos sur mer, le cul dans la petite chaise de toile, pour pas tomber de haut, comme disait Montaigne pour se moquer des rois…

Ça dépend du support, cahiers d’écolier, feuilles blanches A4, petites cartes de visite, ou bien de tous les formats, carrés, oblongs et de toutes les couleurs, on n’écrit pas sur du rouge comme sur du noir, blanc sur noir c’est extra; j’écris aussi sur presque tous les livres que j’épuce, par exemple sur l’Homère, de Pierre Judet de la Combe, que je viens de farcir de mille textes écrits en rouge dans la rumeur, kleos, de l’Odyssée ou en bleu quand par hasard un oiseau ou papillon venait interrompre les grands récits mythiques…

Ça dépend de bien d’autres choses, que je te laisse imaginer…

"Un dictionnaire à part moi"
(patchwork in progress)

il ne dit jamais rien de lui dans ses poèmes il raconte Achille il raconte Ulysse et les autres parfois il engueule un de ses héros quand il déraille ou va se faire idiotement tuer
poète est le travail de toute une vie on s’y attelle chaque jour avec le rythme les cadences des histoires réglées comme sur du papier musique ou qui parfois par incapacité de les relater tombent à l’eau