Je n’écris plus de textes perso depuis belle lurette, mais j’écris ce que je lis ailleurs, ce sont, la plupart du temps, des anecdotes savoureuses rapportées. Ainsi celle de cet ami de Buñuel qui en plein élan créatif « bloque » sur un adjectif.
-Alors tu l’as trouvé ton adjectif ? lui demande Don Luis.
– Toujours pas, mais je continue à le chercher.
Ou bien j’écris aussi pour avoir quelque chose à faire durant mes nuits d’insomnie. Des notes désordonnées sans texte véritable. C’est comme une rumeur de fond, de celle que mes filles diffusent pour accompagner l’endormissement de leurs bébés.
J’écris aussi quelques lettres à mes anciens lecteurs qui m’écrivent pour me demander pourquoi j’ai cessé de publier quoi que ce soit. Après quelques phrases de remerciements, je leur fais toujours la même réponse : – Mais que voulez-vous je n’ai plus d’idées !
Un peu de prose désabusée à la manière d’Enrique Vila-Matas
Martigues mardi 12 mars 2024