MARCELINE

Que mon nom ne soit rien qu’une ombre douce et vaine

Qu’il ne cause jamais ni l’effroi ni la peine

Marceline Desbordes-Valmore

Des images et des songes

Mis bout à bout en vers

Quelquefois gais quelquefois sombres

On connaît d’elle les roses de Saadi

Ses vers à l’improviste la tenaient à flot

Dans le fleuve noir de sa vie

Faire des recueils de poésie

C’était prendre sur soi-même

En mètres vibrants où la musique

Tâchait de vaincre le chant des pleurs

Avec les roses à la mer en allées

POÉSIE MODE D’EMPLOI

Autour de minuit la journée s’achève

« C’est l’heure de bloguer  sur poésie mode d’emploi  » affiche l ‘iPad sur lequel je prose ces quelques lignes

Cette poésie sans mode d’emploi (le titre du blog est un leurre)

Ce sera passé minuit maintenant un poème propulsé du bas vers le haut

Telle une flèche un javelot

Un poème contrarié au cours de son ascension par la gravité

Mais qui connaît l’instant insaisissable où il ne monte ni ne descend

En suspens

Un pur poème inexistant

POÉSIE MODE D’EMPLOI

Dix-huit ans d’obsession
Un texte chaque jour
Apparaître verbal
Sur ce blog de WordPress


Un texte à compléter
Un texte papillon
Comme un battement d’ailes
Pollinisant l’esprit


De l’Autre qui est en nous
Des autres qui le lisent
Dix-huit ans d’illusions
Et de belle utopie


Martigues 25 novembre 2024

DANS LA MAISON DU POÈTEREAU

Dans la maison du poètereau

Le temps s’écoule entre deux mots

Entre présent (futur passé) et temps zéro

Dans la maison de vers tracés au cordeau

La corde vibre entre deux maux

Le mal de l’idéal le mal des mal-aimés

Le corps s’afflige puis se reprend

Cesse ses plaintes de piètre penseur

Tire l’esprit vers l’extase verbale

Grosse modo  vers l’inspiration du Père Hugo

Dont l’égo surabondant se mue en voix de Dieu

Au bord de l’infini Victor prophète et messie

Joue la Comédie surchargée d’éternité

C’est et ça peut paraître boursouflé

Mais comparé aux petites bouches et aux poids plume qui se vendent au marché de la poésie aujourd’hui

Tout est pardonné

LA POÉSIE À CORPS PERDU

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Toujours la poésie à corps perdu à  cor

Et à cri Même silencieux à  l’ouïe

Le vers corne marine vibration de la lyre

(les modernes s’en moquent mais peut-être ont-ils tort)

Les cloches sonnent sans raison disait Tzara

Et nous aussi et nous oiseaux plumes d’ara

C’est très futile et très joli la poésie

POÈMES NON LUS POÈTES DISPARUS

Jamais on n’a autant écrit de poèmes et jamais on n’en a aussi peu lus

J’ai lu ça il y a des plombes

J’ai lu aussi que les neuf dixièmes des livres sont inutiles mais on ne peut discerner lesquels qu’après coup

Longtemps Longtemps Longtemps après que les poètes ont disparu