un peu d’humour
beaucoup d’amour
de l’humour noir
des amours jaunes
un peu d’humour
de dérision
un requiem
d’accordéon
un peu d’humour
veilleur de nuit
dans la fabrique
des rêveries
un peu d’humour
tapis volant
dans les palais
du no man’s land
un peu d’humour
la voie est libre
les voix s’éclatent
dans les fous rires
un peu d’humour
taratata
pour les poètes
sans foi ni loi
un peu d’humour
dans les mantras
babil babel
et caetera
un peu d’humour
dans la nuit noire
tes pages blanches
ta bonne étoile
un peu d’humour
à l’encre vive
sous les pavés
des joyeux drilles
un peu d’humour
désespéré
dernière clope
du condamné
un peu d’humour
dans le miroir
les vieux nous rasent
les djeuns se poilent
un peu d’humour
de comédie
le fou du roi
joue de la lyre
un peu d’humour
de tragédie
rire éternel
du crâne vide*
*selon Paul Valéry
Cette clôture est sans garantie : l’humour n’est plus consolation ; il reste quand tout le reste a disparu.
Votre poème me donne l’impression d’un petit orgue de barbarie qui jouerait entre cabaret, cimetière et cour d’école.
Et ce « un peu » est essentiel : vous ne demandez jamais le triomphe du rire.
Juste assez pour que face au réel l’humour continue.
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