QUATRE DIZAINS





S’IL SE POUVAIT

S’il se pouvait…Silence sur la page

Puis peu à peu comme une pluie d’été

S’abandonner…   au babil de Babel





S’abandonner ? Paroles innocentes

Chacun qui écrit tant soit peu le sait
Du moins l’éprouve…Dans un grand désordre

Qui nous vient du corps…





Alors ça te parle ?

Toi qui lis Est-ce-que ceci te remue ?

S’il se pouvait…Silence sur la voie

Que tu es seul.e à pouvoir trouver





JE VOIS

Je vois, dis-tu, je vois, tu le répètes

On dirait que tu acquiesces, tu piges.

Mais ce que je disais l’as-tu saisi

ou est-ce un leurre ? On doit vérifier





Alors je recommence mon discours

Bon tu vois te dis-je quand je te parle

je puise dans le langage commun

entre les choses palpables, visibles,

et les mots entraînant nos confusions :

le corps, l’esprit, le vide, l’énergie.





Je vois, je vois, dis-tu, et nous partons

spontanément, d’un grand éclat de rire.





REPRISE DU TEMPS

Reprise du temps J’allume la lampe

après un premier somme Et j’écris

ceci (J’ai encore sept lignes à faire)

Mais j’ai tout mon temps c’est ma fantaisie





En attendant je lis et me relie

à un ami poète, langagier tous azimuts

et Pessoen bien sûr –sa dédicace

qui me fait la part belle – mais c’est mieux

pour parler de lui ou-disons-de nous





Voilà vous pouvez tout relire –Chut !





LE PETIT COMMERCE

Quand tu es seul avec qui fais-tu commerce ?

Commerce sont relations avec autrui

Mais l’autre ici, c’est toi, voix sans personne.





Tu lis ailleurs : le commerce vital

qui alimente nos petites vies.

Est-ce apocryphe ou vraiment écrit ?





Nos petites vies dans le sac à mots

Je parle au papier…mes idées j’entasse

Je ne corrige point…mes embrouillures

Tu pourrais toi aussi faire Essais

s’il se pouvait
je vois
reprise du temps
le petit commerce

(n’hésite pas lecteur lectrice de lire toi aussi

et d’ajouter à mes dizains ta voix

envoie l'enregistrement à 
doriojeanjacques@gmail.com
et je ferai le transfert sur le blog)
reprise du temps par Estourelle





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3 commentaires

  1. Une voix
    qu’y a-t-il à l’intérieur d’une voix ?
    qu’est-ce qu’on y voit ?
    on y voit la nuit et les étoiles
    le silence d’une plage
    une pluie fine sur la mer
    on y voit
    une nuit chaude d’été
    un orage sur la canopée
    on voit un arrêt furtif
    dans un cœur épinglé

    Une voix
    qu’y a-t-il à l’intérieur d’une voix ?
    qu’est-ce qu’on y voit ?
    on y voit mille soleils enchantés
    les saisons prolongeant leur règne
    on y voit
    l’eau dormante des marais
    une page d’écriture à la Prévert
    la couleur d’une note invisible
    et l’éveil d’un cœur oublié

    on y voit
    la magie de la voie lactée

    J’aime

  2. Que tu sois environné par le chant d’une lampe ou par la voix de la tempête, par le souffle du soir ou le gémissement de la mer, toujours veille derrière toi une vaste mélodie, tissée de mille voix, où de temps à autre seulement ton solo trouve place.
    Rilke

    J’aime

  3. La voix
    Mon berceau s’adossait à la bibliothèque,
    Babel sombre, où roman, science, fabliau,
    Tout, la cendre latine et la poussière grecque,
    Se mêlaient. J’étais haut comme un in-folio.
    Deux voix me parlaient. L’une, insidieuse et ferme,
    Disait :  » La Terre est un gâteau plein de douceur ;
    Je puis (et ton plaisir serait alors sans terme !)
    Te faire un appétit d’une égale grosseur.  »
    Et l’autre :  » Viens ! oh ! viens voyager dans les rêves,
    Au delà du possible, au delà du connu !  »
    Et celle-là chantait comme le vent des grèves,
    Fantôme vagissant, on ne sait d’où venu,
    Qui caresse l’oreille et cependant l’effraie.
    Je te répondis :  » Oui ! douce voix !  » C’est d’alors
    Que date ce qu’on peut, hélas ! nommer ma plaie
    Et ma fatalité. Derrière les décors
    De l’existence immense, au plus noir de l’abîme,
    Je vois distinctement des mondes singuliers,
    Et, de ma clairvoyance extatique victime,
    Je traîne des serpents qui mordent mes souliers.
    Et c’est depuis ce temps que, pareil aux prophètes,
    J’aime si tendrement le désert et la mer ;
    Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
    Et trouve un goût suave au vin le plus amer ;
    Que je prends très souvent les faits pour des mensonges,
    Et que, les yeux au ciel, je tombe dans des trous.
    Mais la Voix me console et dit :  » Garde tes songes :
    Les sages n’en ont pas d’aussi beaux que les fous !  »

    Ch. Baudelaire

    J’aime

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