FUGITITIF POURSUIVI PAR DES PAGES DE LITTÉRATURE

FUGITIF me voilà poursuivi par des pages et des pages de littérature Fugitive parce que reine, c’est ainsi. 1 écrit l’un et l’autre grand prosateur à cheval sur les XVIII° et XIX° : J’allais m’asseoir à l’écart pour contempler la nue fugitive. 2 Fugitivement, fugitivité Une des grandes dames romancière, épistolière, essayiste, qui paya elle aussi de dix ans d’exil son opposition à l’empereur (non le Petit mais son oncle le Tyran) écrit de l’auteur du Roi des Aulnes (« Erlkönigen » en langue allemande) : Il ébranle toutes les cordes de l’imagination par ses poésies fugitives 3 Un éclair…puis la nuit ! Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudainement renaître 4Je fais la part de ce qui me vient sous la plume spontanément et que je connais encore « par cœur » et de ce que je glane sur l’écran de mon iPad prêté à ma fille professeure au prestigieux lycée français de New York et qui le racheta pour me l’offrir quand elle quitta l’établissement Ainsi s’affiche fugitif dans le Littré Je cours et je ne vois que des troupes craintives D’esclaves effrayés de femmes fugitives 5 Ce bon vieil alexandrin de cet auteur qui vint au théâtre par la lecture et qui après tant de pièces célèbres abandonna « le métier de poésie » pour briguer, on l’ignore le plus souvent, le « glorieux emploi » d’ « historiographe du Roi Soleil » La philosophe de l’Enracinement dénonçait à ce propos « Cet esprit de mensonge et d’erreur De la Chute des rois funeste avant-coureur » Ici, on ne badinait pas avec l’exigence de la vérité, associée d’ailleurs à la beauté : Le poète est une personne, pourtant dans les moments où il touche à la perfection poétique, il est traversé par une inspiration impersonnelle. C’est dans les moments médiocres que son inspiration est personnelle ; et ce n’est pas vraiment de l’inspiration. 6 Je songe alors à ce poème que je me récite souvent dans sa version originale : Me moriré en París con aguacero Un día del cual tengo ya el recuerdo Me moriré en París-y no me corro !… 7 (Je mourrai à Paris un jour de grandes eaux Un jour c’est sûr duquel je me souviens déjà Je mourrai à Paris- et je ne m’enfuis pas…) Extraordinaire poème écrit en alexandrins (type de vers quasi-absent de la métrique espagnole), écrit par ce poète péruvien qui allait effectivement, peu de temps après, « mourir à Paris », prenant à témoin les jours d’extrême solitude, les coups reçus par le plus innocent des hommes, l’os pair et asymétrique du membre supérieur (l’humérus), la pluie, les chemins…Et cependant No me corro : j’assume, je ne m’enfuis pas…

1 Proust 2 Chateaubriand 3 Mme de Staël à propos de Gœthe  4 Baudelaire 5 Racine 6 Simone Weil 7 Cesar Vallejo

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