Maintenant c’est un autre-que-moi on dirait qui écrit ces lignes avec ma seconde main droite -puisque je suis droitier- ou peut-être la gauche, la plus gauche des deux, qui veut entrer dans la partie, la partie fabulatrice qui n’enseigne point mais raconte Oui, c’est un autre-que-moi qui se lance à l’assaut de ses (j’hésite) : ses hétéronymes, version Pessoa, ses fantaisies– voire fatrasies, ses écritures de seconde main (toutes faites de citations) ou ses exercices d’écriture quotidien, tout simplement. L’autre que moi, l’ogre à part moi, c’est eux et elles, ceux et celles que je lis, comme nul autre pareil, la nuit dans mon lit (Lili aime-moi ! écrit Maïakovski avant de faire couler la barque de sa vie) L’autre-que-moi c’est celui qui entre de plain-pied dans son écriture, résolument et sans tourner autour des procédés rhétoriques qui consistent à s’attirer la bienveillance de son lectorat en se faisant pardonner par avance la faiblesse de ses propos, captatio benevolentiae –terme consacré que je recopie d’autant mieux que l’école publique ne m’a pas fait cadeau d’un enseignement de latin-. L’autre que moi, pour faire un contre-pied à ce trop long paragraphe c’est l’Amiel de son Journal intime : J’entrevois, j’entrebaîlle, j’entreprends mais je n’entre pas.