VERS D’UN POÈTE CHINOIS IVRE

 

Cette nuit je lis les vers
Tirés de derrière les fagots
D’un poète chinois ivre


À vrai dire je n’y comprends rien
Leurs caractères calligraphiques
Ayant disparu de notre abécédaire
Mais je m’accroche aux branches

Au-delà des mots écrits
Je cherche la parole de celui
Qui dans son ivresse les prononça


Alors un instant vient où la lune d’hiver
Glisse sur les livres de ma bibliothèque
Au point de les transformer
en Acherontia atropos
(Sphynx tête de mort)

J’imagine qu’ils vont aller rejoindre
Les rêves d’un calligraphe inconnu
Qui me ressemble comme deux gouttes d’encre
Plus noires que la nuit

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