Je m’amuse je fais mumuse avec ma Muse qui me dicte ces vers d’enfant pour une certaine demoiselle à tête d’hirondelle et un certain monsieur du contentieux
Mais il y a de l’eau dans mon jazz
Voilà l’affaire
C’est un litige entre Mumuse et un gardien de la paix
Mumuse n’est pas contente
Il y a des guerres atroces sur cette pauvre Terre
On s’étripe on se trucide
-Mais qu’est-ce que tu figes ? dit-elle au gardien de la Paix.
Il est penaud et impuissant.
-Je n’y arrive plus, personne plus ne m’écoute et trois jobards mettent la planète à feu et à sang.
-Mais qu’est-ce que tu attends pour les jobardiser ?
-Mais je ne puis, mais je ne peux. Ils ont les armes de destruction massive et je suis désarmé.
Le roi est nu pense Mumuse. La gueuse, la guerre est là pour des années. Les mots en fête, les vers d’enfant, c’est fichu.
Pauvres humains, pauvres champignons et pauvres petites fées qui dansent en rond en vain pour l’éternité.
Après cette fantaisie amère, faussement enfantine, je reviens à une de mes lectures présentes, un texte posthume, exercice de mémoire d’Italo Calvino :
Pour celui qui l’observe arrêté, le monde s’effrite de façon discontinue devant la vue et l’ouïe dans l’éboulement de l’espace et du temps. Dall’opaco (De l’opaque ) 1971
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version conte cruel
Mumuse et le gardien de la paix
Il était une fois une Muse qui s’ennuyait ferme.
Elle faisait mumuse avec des mots d’enfant,
pour une demoiselle à tête d’hirondelle
et un monsieur du contentieux
qui ne savait jamais rire.
Mais un matin, il y eut de l’eau dans son jazz.
Un nuage noir gonflé d’ogives passa sur le pays.
— Voilà l’affaire, dit Mumuse.
C’est un litige entre moi et le gardien de la paix.
Le gardien était assis, les mains dans ses genoux.
— Je n’y arrive plus, murmura-t-il.
Trois jobards mettent le monde à feu et à sang.
Je leur parle, mais mes mots sont comme du vent.
— Eh bien, jobardise-les ! fit Mumuse,
en tapant du pied comme une petite fille contrariée.
— Mais je ne puis, mais je ne peux…
Ils ont les armes de destruction massive
et moi je suis désarmé.
Mumuse regarda son uniforme délavé.
Le roi était nu, pensa-t-elle.
La guerre était une vieille gueuse,
elle resterait là pour des années.
Alors Mumuse rentra chez elle,
mit ses vers d’enfant dans une boîte à musique
et la referma très fort.
Les petites fées tournèrent encore un moment,
puis s’écroulèrent, épuisées.
Depuis, on raconte qu’au fond des forêts,
on peut entendre, certains soirs,
un tout petit refrain qui ne parvient pas à couvrir
le grondement des canons.
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