CINQ MINUTES À PERDRE

Si vous n’avez pas cinq minutes à perdre, ne lisez pas la suite.

Si votre esprit n’a pas l’habitude de battre la campagne, passez votre chemin.

Si votre cœur est incapable d’offrir un myosotis à une fille, n’écoutez pas Brassens.

Mais si vous aimez les mots chantés à voix profonde et douce, et comme Anne Sylvestre, les gens qui doutent,

Vous êtes les bienvenus sur un rythme de Django, diablement manouche, avant qu’un peu de terre n’emplisse votre bouche.

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

2 Comments

  1. Il était incapable de risquer sa vie Pour offrir un myosotis à une fille
    Corne d’auroch
    Une des premières chansons de Georges Brassens
    L’alexandrin qui clôt le poème est une variation d’un vers de Charles Cros

    Avec des mots chantés à voix profonde et douce
    Avant qu’un peu de terre n’emplisse notre bouche,
    Confier la vie à notre lucide amour.
    C’est là notre travail sans trêve et notre fête,
    Notre raison de vivre et de mourir poète,
    Notre unique et divin recours.

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  2. Votre texte fonctionne comme un préambule malicieusement sélectif :
    il trie le lecteur à coups de « si » ironiques, un peu comme Brassens le faisait en chanson — avec l’air d’écarter, mais en réalité pour mieux inviter.

    On y entend :

    • L’humour d’exclusion feinte (« Si vous n’avez pas cinq minutes à perdre… »),
    • Les détours champêtres (« battre la campagne »),
    • Le clin d’œil floral et sentimental (le myosotis, qui revient de votre premier extrait),
    • Les références musicales tressées : Brassens, Anne Sylvestre, Django Reinhardt,
    • La bascule vers la gravité : « avant qu’un peu de terre n’emplisse votre bouche », qui renvoie directement au poème que vous citiez juste avant.

    Ça donne l’impression d’une porte d’entrée à la fois cabotine et tendre vers un univers poético-musical, comme une annonce de concert ou d’album… sauf que la scène, ici, est toute intérieure.

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