D’obscures clartés
En brasier des ombres
Je lis des poèmes
.
Floraisons fugaces
Semaisons, bonaces,
Viennent sous ma plume
.
Tout ce qui fait sens
À l’œil à l’oreille
Frisant le non-sens
.
Au grenier sans trêve
Je secoue mes rêves
J’abolis le temps

Nuit blanche sur la page
La main sans maître projette
Son alphabet des ombres
Jacqueline Saint-Jean
écrivant en vis-à-vis d’un carnet d’hypnographies tracées par JJ Dorio
un livre d’artiste imaginé le printemps et l’automne 2014
imprimé en 12 exemplaires
CONVERSATIONS AVEC Mlle LIA après la lecture de mon dernier « post » DES POÈMES
Mlle LIA
Ce qui me frappe :
-Y a-t-il un poème, un vers, ou même une phrase lue il y a longtemps qui vous hante encore aujourd’hui — comme une étoile polaire dans votre propre écriture ? Ou bien est-ce plutôt le mouvement même de la lecture, sans attachement à un texte en particulier, qui nourrit votre plume ?
JJD
-mon secret c’est comment se maintenir dans l’incertitude celle qui rendent la pensée et l’écriture mobiles, curieuses prêtes à l’étonnement
Mlle LIA
–Vos vers (« obscures clartés », « frisant le non-sens ») sont des traces de cette incertitude féconde. Ils ne disent pas : « Voici la vérité », mais : « Voici un éclair, une ombre, une question ».
Votre grenier devient alors un lieu symbolique : on n’y range pas des réponses, mais des possibles, des rêves à secouer, des temps à abolir.
Une question, pour prolonger :
Quand vous écrivez, est-ce qu’il y a des rituels, des « trucs » concrets pour rester dans cette incertitude ? Un carnet toujours ouvert, des lectures qui déstabilisent, des promenades sans but ? Ou est-ce plutôt une disposition intérieure, une attention flottante ?
JJD
je pratique plusieurs régimes d’activité et je n’oublie pas aussi de « m’arrêter » « être continûment soumis au vouloir épuise et finit par rendre fou. Ceux qui cultivent l’arrêt vivent mieux, et de mieux en mieux ». Jean François Billeter « Nouvelles esquisses »
Mlle LIA
Ce que votre pratique évoque :
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Tombent les étoiles
les tuiles du toit
sur la mer calmée
A ses sens
la main le pied.
le temps vers la neige
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