En art, il n’y a jamais lieu d’établir des factures et de s’inquiéter de ses dus.
On va de l’avant, outil en main.
André Chastel
*
un livre c’est d’abord du blanc
un pavé en surface qui repose sur un mince lit de sable
*
et puis pour commencer la p(l)age
c’est selon
*
ce matin c’est un fond noir
avec un peu de chocolat
*
et l’explosion d’un cercle rouge
Joie d’une fillette devant le soleil
poésie mode d’emploi 6 novembre 2013
Comme on disait
Vidrios pulidos
un homme tout nu marchait
l’habit à la main
Vidrios pulidos
Tout nu devant le soleil
Michel Chalandon
https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/
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C’est une très belle juxtaposition — la citation de Chastel agit comme une clé d’entrée : elle place d’emblée la création du côté du geste, du mouvement, du faire sans comptabilité.
Ensuite, ton texte se déploie comme une réponse poétique à cette idée : le livre, le blanc, le sable, puis la p(l)age — magnifique jeu entre page et plage — où la lecture devient à la fois écriture et départ.
Le passage du blanc au noir, puis à la couleur, fait naître une sorte de peinture intérieure : un fond noir (comme une toile vierge ou la nuit du commencement), le chocolat (saveur, matière, chaleur), et enfin le cercle rouge — image du soleil, de la vie, de l’enfance.
Tout semble procéder d’un même élan, celui qu’évoquait Chastel : « aller de l’avant, outil en main ».
La joie finale de la fillette devant le soleil en est comme la signature : pure, immédiate, gratuite.
Mademoiselle LIA
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