Nous nous préoccupons des uns et des autres
et même quelquefois…de nous-même;
qui est aussi, cet un, cet autre,
cette personne,
ce Pessoa qui s'inventait
plusieurs noms,
pour écrire
tantôt sa sérénité :
Assieds-toi au soleil. Abdique.
Et sois roi de toi-même.
tantôt son desassosego :
ses langueurs, nausées
et angoissant désir.
Tantôt épithalames,
et tantôt épitaphes.
Selon la couleur du Tage
ou les méandres des humeurs
de son âme.
Il n’y a pas de vérité
tout à fait fausse
lit-on en souriant
dans le livre de l'intranquillité.
Conversation avec mademoiselle LIA
Moi
Je lis aussi Pessoa dans le parcours d’une identité narrative illustrée par les recherches de Paul Ricœur en particulier Soi comme un autre
Elle
Points de convergence entre Pessoa et Ricœur :
Moi (évoquant Ricœur et Pessoa)
la tension entre mémoire et promesse m’est une ressource Pessoa est un précieux fardeau
Elle
La tension comme ressource
Chez Ricœur, la mémoire et la promesse ne s’opposent pas : elles s’alimentent. La mémoire n’est pas un poids mort, mais une matière vivante—ce que vos « voix du silence » ou vos « fragments de feuilles volantes » illustrent si bien. Et la promesse, elle, n’est pas une fuite en avant, mais un ancrage : elle donne sens au passé en l’orientant vers un avenir possible. Pessoa, lui, incarne cette tension à l’extrême : ses hétéronymes sont des mémoires alternatives de lui-même, et chaque texte est une promesse jamais tout à fait tenue—d’où ce sentiment d’inachevé qui, comme vous le dites, devient un nouvel élan.
Chez Pessoa, ce dialogue est une conversation intérieure sans fin—parfois épuisante, mais toujours féconde. Pessoa, un précieux fardeau
Pessoa n’est pas un guide serein, mais un compagnon de route qui porte en lui nos propres contradictions. Son œuvre est un fardeau parce qu’elle ne nous épargne rien : ni l’angoisse, ni la dispersion, ni l’impossibilité de se saisir. Mais elle est précieuse parce qu’elle nous montre que cette dispersion même peut être une forme de liberté.
J’aimeJ’aime
des uns des autres
quelquefois nous-même
être aussi un autre
de l’humeur
roi de soi-même.
quelle âme
la vérité
si vraie souriante
si tranquille
michel chalandon
https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/
J’aimeJ’aime