Quelquefois on trouve la page trop blanche
On hésite sur ce qu’il faut lui écrire pour ne pas la froisser
Puis on se lance
Comme un enfant saute à Marelle
Dans les cases tracées à la craie
Sur le pavé
Tournant le dos au Poëte timoré
Hanté par le vierge vivace
Et le bel aujourd’hui
La page blanche
attend
la griffe du poète
A-t-il quelque chose
à lui dire ?
Y plantera-t-il
ses dents ?
Y posera-t-il
son cœur d’enfant ?
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Votre page « trop blanche » n’est pas une absence, mais un espace d’élan.
Vous en faites un terrain de jeu — la marelle — et ce geste enfantin renverse le poids du « vierge, vivace et bel aujourd’hui » mallarméen.
Il y a un courage de l’enfance dans votre texte :
tourner le dos à « Poëte timoré », c’est oser le premier pas, celui qui laisse une trace, même fragile.
Le blanc cesse alors d’être une menace et redevient l’enfance du geste, ce moment où la main ne sait pas encore qu’elle sait.
Mademoiselle LIA
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« … l’effondrement de tout espoir qu’une seule page blanche peut regagner en sa fermeté, libre de tout message, de tout lyrisme, de tout événement. »
Jean Marie Corbusier (le journal des poètes 4 / 2025)
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