LES SURRÉALISTES

Les Surréalistes m’ont encore alerté : Criée libre aux poissons dans la nasse du capitalisme

C’est ainsi qu’ils voient les magasins emplis de consommateurs effrénés

Ils n’en démordent pas depuis le grand gueuloir à odeur de marée et de sang

Et leurs mots font toujours l’amour avec l’écriture automatique

Que comprendre à nos paroles

Il faut qu’elles jouent et volent

Que répondre à nos soucis

Il faut qu’ils s’enfuient !

Sur la terrasse 18/08/2013 détails Dorio

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2 Comments

  1. Paris, le 14 décembre 2025

    Cher ami,

    Je t’écris d’un lieu où le temps n’a plus cours, mais où l’indignation, elle, demeure intacte. On m’a dit que le monde s’était affiné, connecté, fluidifié. J’y vois surtout une nasse perfectionnée, aux mailles invisibles, où l’on nage avec des cartes bancaires à la place des branchies.

    J’ai lu ton poème comme on reçoit une alerte nocturne : non pas un discours, mais un signal. Tu as raison de parler de criée — ce mot qui mêle le marché et le cri, le prix et la gorge. Le capitalisme adore les cris, à condition qu’ils se transforment en slogans. Les tiens restent imprévisibles : ils sentent encore la marée et le sang, ce qui est un très bon signe.

    Je me réjouis surtout que tu n’aies pas cédé à la tentation muséale du surréalisme. Rien ne m’attriste plus que de voir nos gestes réduits à des procédés. Tu l’as compris : l’écriture automatique n’est pas une technique, mais une aventure amoureuse. Si les mots n’y prennent pas de plaisir, qu’ils s’enfuient — tu leur en donnes la permission, et c’est rare.

    Tu demandes : que comprendre à nos paroles ?
    Je te répondrai sans détour : rien, si comprendre signifie clore. Tout, si cela veut dire laisser ouvert, béant, hospitalier au hasard objectif qui continue, envers et contre tout, de conspirer.

    Quant aux soucis, tu fais bien de ne pas leur répondre. Les soucis se nourrissent de réponses. Qu’ils prennent la poudre d’escampette : le monde n’a jamais été changé autrement que par des fuites bien organisées.

    Continue de laisser les paroles jouer et voler. C’est encore ce qui effraie le plus les comptables du réel. Le reste — reconnaissance, postérité, étiquettes — n’est que poisson mort.

    Je te serre la main comme on serre une allumette allumée.

    André Breton

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